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Denis Darzacq est connu pour sa collaboration à Libé, de 1988 à 1992, et pour ses nombreuses incursions dans Nova mag. Des mouvements, des couleurs, des flous. Déjà un univers unique, une griffe particulière, une atmosphère envoûtante. Darzacq marque la photo de sa sensualité, de son univers de fête, de personnages tellement « normaux », tellement basiques.

Un voyage au Brésil, visite d’une petite chapelle, à Salvador de Bahia, la ville de tous les saints. C’est la chapelle des miracles, pour ce peuple encore croyant, parler avec Dieu, créer et entretenir une relation avec Lui ne fait pas partie des superstitions d’un autre âge, ça fait partie du quotidien. L’intermédiaire avec le Très-Haut, c’est la photographie. Alors, lorsqu’ils veulent intercéder pour un proche en difficulté, malade, mort, ou bien pour eux-mêmes, les brésiliens accroche une photo.

Darzacq a photographié ces clichés. Un seul format, le 20X30 et c’est un document authentique. Chaque cliché regroupe plusieurs trajectoires, dans un fouillis étourdissant, gênant, brusque. Nudité des âmes, un constat : c’est de nous qu’il parle.

Cette photo, c’est le contraire d’une photographie artistique, c’est le dépouillement des êtres devant un objectif familier, c’est le dénuement de la vie en pleine poire pour le spectateur. Ces sollicitations à Dieu, ces petits bouts de photomatons couleurs, ces photos de groupe le jour de fête, dans la salle de séjour ou sur la pelouse, c’est notre vie étalée sur papier ektachrome. Sans cynisme, sans voyeurisme, sans fantasme. Darzacq nous parle de nous depuis ces clichés tout simples.

Galerie RE 56, rue de Quincampoix Paris 4e
Tel : 01 44 54 06 72
Jusqu’au 3 janvier