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On n’en prend pas plein la figure mais on est quand même séduit par un tel foisonnement artistique. Le « plein la figure », c’est pour après, lorsque l’on « croise » Picasso à la sortie. En effet, quand on voit toutes ces toiles qui parlent avec tant d’éloquence du maître absolu, comment résister au plaisir de se replonger durant quelques dizaines de minutes dans son monde bleu, rose ou cubiste ? L’expo Hockney donne donc à voir une cinquantaine d’œuvres : des huiles sur toile et sur papier, des gravures à l’eau-forte, des lithographies-maison faites à la photocopieuse couleur, des fusains, des acryliques, etc. Les réalisations, qui datent du début et du milieu des années 70, mettent en évidence une filiation artistique entre les deux hommes (qui cependant ne se sont jamais rencontrés).
Ainsi, ces deux gravures métaphoriques intitulées L’Elève : hommage à Picasso et Artiste et Modèle. Dans la première, on voit David Hockney (il s’est représenté vieilli), un carton à dessin sous le bras, s’avançant vers Picasso (presque jeune homme), représenté par une énorme tête placée sur un piédestal. Dans la seconde, Artiste et modèle (l’interprétation en est plus complexe), on voit Hockney, nu, servant de modèle à Picasso. Il y a aussi ce Vieux guitariste bleu (1976), si semblable à celui que Picasso peignit en 1903 (on connaît l’importance de la guitare dans son œuvre). On retrouve ensuite, au travers de toiles réalisées à partir de ses créations scénographiques –Tristan et Isolde, Les Mamelles de Tirésias, etc.- Hockney décorateur pour le théâtre, le ballet ou l’opéra. D’autres toiles nous renvoient à un Hockney plus familier, celui des amis, qu’ils soient alanguis sur un sofa ou qu’ils prennent la pose comme sur le tableau en huit panneaux ci-dessus, intitulé David, Celia, Stephen and Ian, London, 1982. Il y a également ces trois très beaux portraits d’inspiration cubiste de Pierre Saint-Jean (fusain, 1984)…