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On ne vient pas à ArchiLab pour admirer des maquettes ou des plans. On vient à ArchiLab pour son Lab (laboratoire), et donc pour être plongé au cœur de la recherche centrée cette année sur l’habitat. S’il est bien acquis qu’une habitation est bien plus qu’un lieu pour se protéger des intempéries et des variations thermiques, on n’en reste pas moins étonné des multiples et passionnantes réflexions soulevées ici. Pour ça, il est important de prendre le temps de s’arrêter à chaque projet devant les quelques lignes explicatives, synthétiques et très claires, car c’est véritablement un mode de pensée qui s’ouvre à nous : « habiter » se charge de sens et de possibles. Sur ces 90 projets présentés, de 90 équipes d’architectes, certains sont réalisés, d’autres réalisables ; d’autres, enfin, sont la représentation d’une réflexion qui n’a pas pour finalité la réalisation architecturale. Tous soulèvent une problématique qui a trait à une façon de vivre, à une manière d’intégrer une construction dans un paysage, ou qui répond à un cas très particulier, unique. Comment inclure la voiture dans un immeuble, notamment haussmannien, en espérant pouvoir la monter dans l’appartement de chacun ? Comment faire la part belle aux terrasses et à la verdure, là encore dans un immeuble, grâce à de très importants décrochements, donnant au bâtiment lui-même un aspect arborescent ? Plus expérimental est le travail de Santiago Cirugeda qui trouve des espaces de liberté en examinant la loi, et propose ainsi, en toute légalité, un abri temporaire sur un échafaudage. Alors que les architectes Jakob et MacFarlane se mettent en difficulté en s’attaquant à une parcelle se trouvant dans une zone inondable et à proximité de l’aéroport d’Orly obligeant ainsi leur construction à respecter certaines lois et à s’accommoder de certaines contraintes.

A la multiplicité et à la richesse de ces projets répond une scénographie claire offrant à chaque projet un espace délimité d’une structure gonflable et d’un marquage au sol. La répartition dans différentes salles de ce bâtiment militaire permet au visiteur de ne pas se perdre dans une enfilade de maquettes à perte de vue, privilégiant le découpage en six thématiques : l’individu et le collectif, la flexibilité, créer le paysage, nouveaux styles de vie, subversion et forme. Ces six parties proposent des respirations, des ponctuations dans la visite. Cette jeune manifestation -qui n’en est cette année qu’à sa 3ème édition- a trouvé sa place dans un secteur apparemment assez peu facile puisque mêlant architecture et recherches, grâce à la rigueur de sa sélection et à sa volonté de rendre les projets très accessibles.