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Le nouveau projet de la ligne éditorial des Humano a pour nom Transgénèse. Après Megalex, signé Jodorowski et Beltran, voici L’Ancêtre programmé de Malnati et Ploy. Alors que les premiers entamaient une épopée labyrinthique, dont la trame se dégageait en la personne de l’Anomalie, les seconds ne semblent pas savoir encore tout à fait où ils mettent les pieds.
En gros, Le Temps de l’éveil, premier tome de la série, pose le décor, comme il est coutume de le faire. Unité de temps : 2030. Unité de lieu : Octogonia, le campus du futur. Unité d’action ? Là, ça se complique un peu. Dudd et Ted sont des chercheurs en informatique qui sont chargés, par un commanditaire inconnu, de mettre en place un programme permettant de répondre à la grande question : Qu’est-ce que Dieu ? Ou serait-ce plutôt : Qui est Dieu ? Ce qui ne veut pas du tout dire la même chose. Doivent-ils désigner, choisir, privilégier un Dieu parmi tous les Dieux… de la création humaine… Doivent-ils analyser ce que veut dire croire en un Dieu ? Ou encore considérer Dieu comme un concept, comme une sorte de réflexe purement humain ? Vaste programme… Le but de cette manœuvre ? Est-ce fédérer autour d’un unique « emblème transcendantal » la pensée de l’Humanité ? Projet divin ou démoniaque ? Est-ce faire la paix entre les peuples en résolvant le problème épineux du polythéisme, ou est-ce hiérarchiser les croyances pour qu’une seule d’entre elles triomphe dans ce rapport de force ? Ce sont les questions que suggère le nœud de l’intrigue. Mais les réponses… Marie, l’étudiante en théologie est là pour mettre le doigt sur ces contradictions.

Tant qu’on ne saura pas qui est ce « directeur de recherche », le suspens demeurera. Quelles sont ses propres motivations ? Le seul indice dont nous disposons (mais peut-être s’agit-il d’une fausse piste ?), c’est Hates, le génial créateur de cette cité universitaire à l’échelle planétaire. Tour à tour persuadé de rivaliser avec Dieu et foudroyé par un cancer qui lui fait prendre conscience de sa pauvre condition de mortel, Hates vacille, se ronge et se remet violemment en question. La mise en place est un peu laborieuse, mais malgré cette lacune, Malnati fait des petites merveilles, en particulier dans sa palette de couleurs et la grande précision de ses dessins. Les scènes sont particulièrement vivantes (à noter les excellentes onomatopées qui fusent au bon moment), détaillées et réalistes.