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sur 5

Un photographe qui aperçoit dans son viseur un visage qui le fascine et qui part alors à la recherche de la belle pour basculer en plein Moyen Age, c’était Balade au bout du monde. Une vieille femme qui semble le connaître, une photo datant du début du siècle, un regard fascinant, et Stanislas se retrouve dans une riche demeure en 1908 : c’est Sasmira, le nouvel album de Laurent Vicomte.

On retrouve ici son dessin fin et précieux dans un découpage assez sophistiqué. Ainsi, lorsque le paysage brouillé par la pluie devient la vue brouillée d’une ravissante myope. Car le regard est le véritable pivot de ce récit. Un regard qui est un appel, une invite, si tant est que l’on en soit le destinataire. Un regard se fige et devient photo. Mais quel regard est alors le plus fort ? Celui du photographe ou celui du sujet qui voit au-delà du cadre ?
Enfin, le regard de l’auteur, et par conséquent celui du lecteur, s’attarde sur les dessous et les accessoires des héroïnes, renforçant par un fétichisme doré le trouble suscité par cette histoire.

Pascal Salamito