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5
sur 5

Ralph Towner (guitare classique et 12 cordes), Gary Peacock (contrebasse). Enregistré en décembre 1995 à Oslo.

Deux musiciens qui mettent leur virtuosité au service de l’émotion, sans ostentation ni pédanterie, c’est ce que nous présente le magnifique A Closer View. Ralph Towner, dont le jeu est fortement empreint de technique classique, a signé ou cosigné tous les morceaux de cet album, à une exception près. Faisant suite à Oracle, en 1993, où le duo interprétait cette fois des compositions du bassiste, il nous montre, si besoin en était, la complicité des deux hommes acquise au cours de leurs rencontres depuis près de vingt ans. C’est, en effet, en 1980 qu’ils montèrent un trio avec le batteur Jerry Granelli à Seattle.

Sur deux thèmes (Infrared et Moor), Towner délaisse sa six cordes classique au profit de la douze cordes dont il est un des rares adeptes dans le monde du jazz et de la musique improvisée. On vit ici des instants où le recueillement et la ferveur ne laissent jamais la place à l’ennui, où les sonorités cristallines de Towner sont portées par l’écrin de velours tissé par Gary Peacock. Belles notes tendues où le vibrato n’est qu’évoqué, aigus incisifs, graves profonds, le jeu de Peacock évoque souvent celui d’un guitariste, tandis que Towner approche parfois sa guitare classique comme une contrebasse. Etrange mimétisme qui ajoute à la fascination de l’ensemble. Qu’il s’agisse de thèmes totalement écrits ou totalement improvisés, l’intention est commune et l’on est vite happé dans cet univers où la beauté formelle perle à chaque note.
Disque de musiciens et non de techniciens, A Closer View s’impose d’emblée comme une des grandes productions de l’année 1998.