Egérie de Wong Kar-waï, Maggie Cheung crève l'écran dans son nouveau film In the mood for love. Repartie de Cannes sans Prix d'interprétation féminine, l'actrice n'a cependant plus rien à prouver. Sa filmographie (plus de 75 films à son actif !) en témoigne. Parcours atypique d'une actrice modèle.
Née en 1964, Maggie Cheung passe son enfance et son adolescence en Angleterre avant de revenir à 17 ans à Hong Kong. A peine le temps de se ré-aclimater et la voilà déjà repérée par un "talent scout" qui lui propose un contrat de mannequin. Après un an intensif à accumuler les photos et les publicités, la belle décide de changer d'air et de devenir comédienne. Mais voilà, à Hong Kong, mieux vaut ne pas s'embourber dans la voie sans issue que sont les cours de théâtre. Le milieu cinématographique se contrefiche du background de ses starlettes, encore plus de leur éventuelle formation. Ce qu'il veut, ce sont de jolies frimousses interchangeables. Pour renouveler les stocks, des concours de beauté sont régulièrement organisés, véritables viviers de futures stars du cinéma. En 1982, Maggie Cheung est élue dauphine de Miss Hong Kong, mais obtient surtout le titre de "Miss Photogenic" (pas très surprenant quand on voit l'éclat de sa beauté chez Tsui Hark ou Wong Kar-waï). Bref, sa carrière s'engage d'une manière on ne peut plus classique. De 1984 à 1988, la jeune femme tourne quinze films, principalement des comédies et des romances sirupeuses ; autant de produits commerciaux symptomatiques de l'industrie du cinéma de Hong Kong. Parmi ceux-ci, Police story (1985), dans lequel elle a pour partenaire Jackie Chan. Le film est un énorme succès au box-office. Maggie devient la potiche attitrée de Jackie et enchaîne les sequels : Police story 2 et 3, puis Project A2, Twin dragons. De cette période, l'actrice ne garde pas un souvenir très valorisant : "Je n'avais que des rôles de faire valoir. J'étais la voisine de palier de Jackie, ou sa petite amie. Pas forcément la plus jolie, mais souvent la seule femme dans sa vie". Partie pour n'être qu'une starlette de plus broyée par la grande machinerie de Hong Kong, Maggie croise alors sur son chemin celui qui sera son "révélateur".
En 1988, Wong Kar-waï, scénariste réputé, décide de tourner son premier son long métrage, As tears go by. Il contacte alors Maggie Cheung pour lui proposer le premier rôle féminin : "il m'a expliqué qu'il sentait en moi un potentiel jusqu'alors inexploité. Il avait l'ambition de me rendre différente, de révéler la comédienne qu'il voyait en moi". Effectivement, la composition de Maggie montre un talent qui ne demandait qu'à éclore. As tears go by permet à la jeune femme de se faire remarquer par le cinéma d'auteur de Hong Kong. Après Wong Kar-waï, c'est au tour de Stanley Kwan de lui offrir un rôle conséquent dans Full moon in New-York, pour lequel elle obtient son premier Award. Désormais, Maggie Cheung est une actrice à part entière, ce qui ne l'empêche pas de mener une carrière plutôt schizophrénique en passant de produits commerciaux à des films d'auteurs (Ann Hui la choisit pour être son alter ego dans son long métrage autobiographique Song of the exile). C'est que le public hong kongais a la mémoire courte et qu'il peut facilement oublier une actrice quand celle-ci a la mauvaise idée de prendre des vacances. Maggie Cheung multiplie alors les tournages, jusqu'à 10 dans la même année qu'As tears go by. (...)
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Maggie Cheung crève l'écran dans "In the mood for love". Parcours atypique d'une actrice modèle.
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