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Je pense que Wong Kar-waï a remarqué quelque chose dans ma personnalité. Je suis très timide dans la vie. Le personnage que je joue dans In the mood for love est très proche de ce que je suis réellement. Chow, c'est moi ! Je voulais le montrer comme quelqu'un qui sait très bien cacher ses sentiments. Il ne laisse jamais paraître une seule émotion sur son visage. Quand j'ai travaillé ce personnage tout en retenue, qui réprime le moindre sentiment, j'avais besoin de lui trouver une plus grande complexité. Je lui ai ajouté une dimension de "bad guy" pour qu'il ait de bonnes raisons de cacher ses sentiments… Dans le film, il y a de nombreuses scènes qui étaient à l'origine des répétitions. N'est-ce pas gênant pour un acteur d'être dans l'incertitude par rapport à ce qui est filmé ? Je pense que c'est intéressant de jouer de cette façon-là. Ces scènes montrent les vraies émotions des personnages. Ils sont tellement dans la retenue et le refoulement. Les répétitions que Wong Kar-waï a filmées, et ensuite gardées dans le film, sont les seuls moments où les vraies émotions apparaissent. Est-ce la même chose pour les séquences au ralenti ? En fait, quand je tournais ces scènes, je ne savais qu'elles étaient filmées au ralenti. Je les ai jouées comme toutes les autres. C'est après le tournage que je découvre vraiment le film et, surtout, la musique que Wong Kar-waï utilise. On est d'ailleurs toujours très surpris quand on l'entend. C'est incroyable comme il arrive toujours à trouver la musique juste. In the mood of love est un mélodrame mais c'est aussi un film historique se passant le Hong Kong des années 60. Est-ce que cette dimension vous a intéressé ? Oui, bien sûr. Quand je suis arrivé pour la première fois sur le plateau, j'ai été très surpris et choqué. Je revoyais des endroits que je fréquentais quand j'étais petit. J'habitais dans le même type d'appartement que les héros du film, ceux qu'on devait partager avec d'autres familles. Comme dans le film, nous ne fermions jamais vraiment nos portes et les relations entre voisins étaient plus proches. Aujourd'hui, ça me manque beaucoup ; je ne connais même pas le nom de mes voisins ! Le décor du film m'a vraiment rappelé des choses personnelles. (...) | ![]() | ![]()
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