Star du cinéma de Hong Kong, héros charismatique chez John Woo, sourd muet puis aristocrate chez Hou Hsiao-hsien, Tony Leung Chiu-waï (à ne pas confondre avec Tony Leung Kar-faï, l'"amant" de Jean-Jacques Annaud) est étroitement lié à l'univers de Wong Kar-waï avec qui il a tourné cinq films. Rencontre avec l'un des acteurs les plus doués de sa génération, et Prix d'interprétation au dernier Festival de Cannes pour son rôle dans In the mood for love.

Chronic'art : In the mood for love est le cinquième film que vous tournez avec Wong Kar-waï. Quand il vous propose un rôle, vous l'acceptez immédiatement, ou vous demandez d'abord lire l'histoire ?

Tony Leung : Je ne veux pas que Wong Kar-waï me raconte l'histoire parce qu'elle est sans doute fausse ! J'ai déjà vécu cette expérience au moment de Happy together (c'est en arrivant sur le tournage que Tony Leung a appris qu'il devait jouer le rôle d'un homosexuel, ndlr). Je n'en garde pas un très bon souvenir. Je ne veux rien savoir sur ce qu'il va faire, le genre d'histoire qu'il va raconter, parce que je pense que lui-même ne le sait pas encore ! La première fois qu'il m'a parlé de In the mood for love, il m'a juste dit que j'allais travaillé avec Maggie Cheung. J'ai accepté parce que j'avais très envie de travailler avec elle. En réalité, nous n'avions jamais vraiment tourné ensemble. Je la connais depuis longtemps et tourner avec une actrice si talentueuse, ça ne se refuse pas. La seule chose que je savais c'est que ça allait être une histoire d'amour avec Maggie. Il m'a dit, "ça te va ?". J'ai dit ok !

Chow, le personnage que vous jouez, a une allure très soignée. Est-ce que vous travaillez beaucoup l'apparence dans vos rôles ?

Oui, spécialement dans les films de Wong Kar-waï. Il ne nous donne pas de scénario à l'avance, donc on ne dispose d'aucune matière pour travailler sur le personnage, à part celle de son physique. Wong Kar-waï accorde beaucoup d'importance à cet élément du personnage. Chez lui, la gestuelle et le langage du corps prennent une importance démesurée. Nous passons beaucoup de temps à nous habituer au costume du personnage, à la gomina (que je déteste d'ailleurs car j'avais un mal fou à la faire partir, elle résistait à tous les shampooings). Le costume détermine nos mouvements du corps et la gestuelle du personnage se crée à ce moment-là. Les accessoires, comme l'étui à cigarettes, la pince à cravate, ou le briquet, nous aident aussi à rentrer dans la peau du personnage. (...)











Corps céleste
Rencontre avec Tony Leung Chiu-waï, l'un des acteurs les plus doués de sa génération.




Miss Maggie
Maggie Cheung crève l'écran dans "In the mood for love". Parcours atypique d'une actrice modèle.




La beauté du manque
In the mood for love reprend le foisonnant travail de Wong Kar-waï sur les affects impossibles.






Cinéma et villes asiatiques
Panorama de la représentation des villes asiatiques au cinéma.
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La critique de
In the mood for love