CHRO.TV
Bienvenue sur Chro.tv. Vous trouverez ici régulièrement de nouvelles vidéos prises par les membres de la rédaction de Chronic'art. Celles-si seront archivées au fil des réactualisations. A part ça, vous n'avez pas manqué d'observer sur cette page une structure et une mise en page inhabituelles (barre de navigation des rubriques en haut de page notamment). Voilà qui fleure bon la nouvelle formule... mais tout à fait, on y travaille ! Plus d'infos à ce propos prochainement.
Joanna Newsom
à l'Hôtel Terminus Nord (Paris) - 18.10.06 Réalisé par Wilfried Paris
Le premier album de Joanna Newsom date déjà de mars 2004 et pourtant, on a l'impression que ça date d'hier... Joanna a beaucoup tournée, aux US, en Europe, en Australie, au Japon et tout le monde attendait impatiemment un nouvel album. Voilà, il arrive, il sortira le 14 novembre sur Drag City, et il s'intitule Ys. Cinq chansons, 55 minutes, la rencontre rêvée du songwriting baroque de Joanna, de sa harpe magique et d'un véritable orchestre. Arrangé par monsieur Van Dyke Parks en personne, produit (en analogique) par Steve Albini, mixé par Jim O'Rourke, masterisé à Abbey Road, Ys comporte cordes, cuivres, bois, percussions, banjo, mandoline, guitare basse (Lee Sklar), guitare électrique (Grant Geissman) et accordéon joué par Van Dyke lui-même. Le peintre californien Benjamin Vierling a fait la pochette, tableau très XVIe siècle représentant Joanna en princesse médiévale. Ys en déroutera beaucoup, car il est compliqué et exigeant, plus proche des ambitions d'une Bjork, d'une Kate Bush ou même d'un Scott Walker, que des miniatures pop-médiévales du premier album. Mais un petit effort, et on se laissera volontiers emporter... On en parle avec Joanna dans Chronic'art #30 en kiosques, et ici même, dans cette petite vidéo prise dans un grand hôtel kafkaïen à côté de la gare du Nord. Rencontre / entretien à l'Hôtel Terminus Nord (Paris)
David Ivar Yaya Herman Dune & Julien Langendorff
à la Galerie AAA (Paris) - 12.10.06 Réalisé par Wilfried Paris
A l'occasion de la sortie du nouvel album d'Herman Dune, Giant (lire notre dossier dans Chronic'art #29, en kiosques), la galerie AAA présente ces jours-ci un travail à quatre mains de David Ivar Herman Dune et Julien Langendorff, des dessins exécutés à deux dans le salon, entre comics US (David a une passion pour le surfer d'argent) et longs cheveux (les textures de Julien Langendorff). Si on connaissait les chansons de David, ses dessins sont aussi très réussis, dans une veine de la bédé US (Clowes, Burns), mâtinée de fantastique abstrait (des petits monstres, des vortex). De son côté, Julien Langendorff a 23 ans et il fait tout DIY (il dessine au stylo bic). Proche d'artistes américains comme Kyle Field (Little Wings) et les artistes représentés par la Cinders Gallery de Brooklyn (qui vend ses livres et dessins), Julien a également publié deux livres illustrés : The Random rites of loneliness et Goodbye horses, disponibles dans toutes les bonnes librairies (Regard Moderne, En Marge, Bimbo Tower...). Wilfried Paris, pour Chronic'art, était présent au vernissage de l'expo, et nous a ramené ce petit reportage gonzo, avec concert improvisé et plein de stars. Attention, c'est long. Servez-vous un Campari, installez-vous confortablement, ça va commencer. Expo du 12 au 26 octobre 2004 A la Galerie AAA 75, rue Charlot - Paris 3e
ZAPPING
Cornelius On a beaucoup reproché au chantre Shibuya Kei Keigo Oyamada, à la grande époque de son très célébré Fantasma ou même avant, quand il faisait trembler les minettes avec les très lettrés Flipper's Guitar, de n'être qu'un habile formaliste, un grand manitou mélangeur aux chansons composites et aux amonts irréductibles. Tendant volontiers le bâton à ses détracteurs, la musique de Cornelius s'est ainsi depuis progressivement vidée de la sève pop qui la précédait pour n'en garder que quelques particules minuscules et se consacrer totalement aux joies sensuelles provoquées par les mille et un possibles de leurs combinaisons, dans un grand espace Protools utopique abstrait. Nouveau manifeste, Sensuous décalque presque Point, mais le magnifie totalement en l'upgradant. Monument de détails ahurissants, l'album est une ode à un auteurisme pop nouveau, presque purement formel, qui provoquerait l'émotion par l'arrangement : l'extase dans l'épuisement d'un delay qui se décale, un espace qui s'ouvre avec une reverb' enrobant inopinément un coup de caisse claire, un autre qui se referme avec une ingénieuse automation, une ode à la pluie qui tombe devant la fenêtre. "We need music", chantonne Cornelius, achevant définitivement de convaincre ce que ses chansons-missions magnifiques parachevées dans ses pipettes enroulent dans le coeur : sa dévotion totale à la forme est une dévotion à vos oreilles, un chant d'amour au public pop à la générosité inégalée. O.L.
Freschard Clémence Freschard est une chanteuse pop-folk française, originaire de Dijon, vivant actuellement à Berlin. Dans la rubrique gossips, Freschard est aussi la petite amie d'André, le plus taciturne des deux frères talentueux du groupe Herman Dune. Embarquée dans la prolificité de son Pygmalion (qui semble enregistrer hebdomadairement un nouveau CDR, sous les noms de Klaus Bong, Ben Dope, Ben Haschisch, ou André HD), Freschard prend goût à la chansonnette et commence à se produire sur scène. Certaines mauvaises langues lui reprochent de ne pas composer elle-même, de profiter un peu du talent de son mentor, d'être, un peu comme France Gall avec Gainsbourg, la poupée de son compositeur. Mais depuis ce premier EP, Clémence s'est mise à apprendre la guitare, et à écrire elle-même ses chansons. Inspirée par le courant "antifolk" new-yorkais, Freschard développe son style : des chansons douces et boisées, pleines de petites percussions, chantées avec un charmant petit accent français, entre Karen Dalton et Claudine Longet. Elle joue en Angleterre avec Jack Lewis ou Scout Niblett, ouvre pour Devendra Banhart à l'ICA et est vite approchée par le label Too Pure, mais qui ne donnera pas suite... En attendant de trouver un vrai label, Freschard sort ses chansons enregistrées à la maison, sur CDRs autoproduits et vient de mettre en ligne ce petit clip, réalisé par Toben Seymour (également réalisateur du clip d'Herman Dune, I wish that I could see you soon). W.P.
Squarepusher Tom Jenkison en interview et live à la basse sur la BBC, à l'occasion de la sortie de Hello Everything. Ce bonjour à tout n'est pas moins problématique que son immédiat prédécesseur Ultravisitor : dilué, bordélique, ingéré, il se fout pas mal d'être un album, il rit des peurs du music business qui compresse tout, il n'a pas vraiment d'âge. En mode autarcique total depuis la somme Go Plastic, Tom Jenkinson, auteur, ne regarde plus que ses premiers disques pour parler au monde, et, tant mieux, tant pis, ne laisse que ses excentricités et son talent mélodiste à grignoter. Il y a donc de tout : des tueries breakbeat à l'ancienne emboîtées de soli de Jazzbass, des immondices à-la-Weather Report entrecoupées de fulgurances DSP, des trous d'air modernes acousmatiques, des crevasses jungle d'un autre temps. Ça excite le coeur et ça fout un peu le bourdon, souvent, c'est encore un disque nécessaire de Squarepusher. O.L.