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CHRO.TV
Bienvenue sur Chro.tv. Vous trouverez ici régulièrement de nouvelles vidéos prises par les membres de la rédaction de Chronic'art. Celles-si seront archivées au fil des réactualisations.
A part ça, vous n'avez pas manqué d'observer sur cette page une structure et une mise en page inhabituelles (barre de navigation des rubriques en haut de page notamment). Voilà qui fleure bon la nouvelle formule... mais tout à fait, on y travaille ! Plus d'infos à ce propos prochainement.

ARCHIVES
27.02.07
!!!
(9 mn)

09.12.06
All tomorrow's Party
(29 mn)

25.01.07
Pop Levi
(15 mn)

25.10.06
The Shins
(13 mn)

09.01.07
Flairs
(8 mn)

04.12.06
Troy Von Balthazar
(20 mn)

10.11.06
Beirut
(8 mn)

18.10.06
Joanna Newsom
(6 mn)

12.10.06
David Ivar Yaya Herman Dune & Julien Langendorff
(22 mn)






FORUM
Cinéma, Musique, Jeux vidéo, Livres, BD... discutez de l'actu sur les Forums Chro tout de suite maintenant. A vous.

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All tomorrow's Party
à Minehead (Angleterre) - 09.12.06
Réalisé par Vincent Moon


C'est un fait établi : les gros festivals européens se tirent la bourre avec peu ou prou une programmation similaire, sur le mode : les jeunes pousses d'hier, devenues grosses machines d'aujourd'hui, tiennent la dragée haute aux "talents" de demain. Entre obscurantisme underground et machine de guerre commerciale, il existe néanmoins une zone intersticielle où s'insinuent une multitude de festivals délibérément alternatifs, dont le plus emblématique demeure "All tomorrow's parties" (ATP), le meilleur festival rock du monde. Contrairement à la plupart des festivals, ATP ne cède en rien aux sirènes du marketing : la programmation se plie en bonne et due forme aux choix, aussi exigeants soient-ils, d'un artiste séminal, curateur, qui a totale carte blanche. Ainsi se sont succédés dans le rôle du "curator" des personnalités au goût très sûr : Sonic Youth, Shellac, Tortoise, Autechre, Vincent Gallo, Throbbing Gristle, Devendra Banhart ou des artistes visuels tels que Jake & Dinos Chapman ou Matt Groening (créateur des Simpsons). Davantage qu'une vitrine de l'actualité "pop" – fatalement accompagnée d'un déferlement de sponsors et d’un essaim d’attachés de presse - ATP est avant tout un lieu de découvertes qui se garde bien d'adopter l'esprit conquistador du mainstream. A d'autres le gigantisme et la "Music for the masses", prétexte à des beuveries entre kids en mal d’ablutions dans la boue, ATP privilégie un cadre convivial et une proximité avec les artistes, logés à la même enseigne que le public, au sein d'un village de vacances en bord de mer. Evidemment, ce confort a un prix, mais à raison de deux cent et quelques euros le forfait pour les trois jours avec une cinquantaine de groupes programmés, autant dire que l'offre est attractive. Petit reportage Gonzo à l’ATP, en décembre dernier, "curaté" par Thurston Moore (Sonic Youth) par Vincent Moon. Lire aussi, en complément, le compte-rendu complet de Julien Bécourt.
Compte-rendu à Minehead (Angleterre)

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Pop Levi
au Kitch-up (Paris) - 25.01.07
Réalisé par Wilfried Paris


Ancien membre de Supernumeri, anglais de naissance, multi-instrumentiste basé à Los Angeles, Pop Levi était de passage à Paris en février pour la promo de son premier album The Return to form back magic party (Counter Records / Ninja Tune), grand mix foisonnant de glam et de pop, enregistré en pointillés et plug-ins, handclaps et voix filtrés, autant Marc Bolan que Van Dyke Parks, belle oeuvre retorse et dense. Interview et petit extrait live solo en fin de bobine. Le garçon est disert et moqueur, morgue de petit prodige sûr de lui, mais attentif et attachant. Le journaliste est enrhumé.
Rencontre / entretien au Kitch-up (Paris)

ZAPPING

Yelle
Source Etc., nouvellement ressuscité et laboratoire de tendances de Virgin / EMI, jette sur YouTube le single de la petite parisienne révélée par MySpace (90 000 downloads avant signature), originellement intitulé Short dick cuizi et renommé Je veux te voir, racontant par le détail la découverte par la jeune Yelle (tee-shirt Lacoste et booty-pop) du petit zizi de Cuizinier, lyriciste scabreux et légèrement sexiste de TTC. Comble du post-modernisme qui s’attache au plus insignifiants (c’est le cas de le dire) reliefs des niches de consommateurs diverses et variées (ici la branchaga parisienne hip-hop), Je veux te voir fera merveille dans les carrés VIP de la capitale (plutôt rive gauche), au top de la hype coco(caïne), mais nulle part ailleurs. Car tout le monde se fout de savoir que "Cuizinier avec ton petit sexe entouré de poils roux / Je n’arrive pas à croire que tu puisses croire qu’on veuille de toi", sur une booty electro à deux centimes d’euro (un kick et une bassline punchy) aussi musicale qu’une sonnerie de téléphone portable (le "producteur", apparemment amateur d’open-bars, s’appelle Grand Marnier). Reste le flow chanmé de la minette et quelques moments de bravoure littéraire, qui rappellent que si les rappeuses américaines (Missy, Lil’Kim) ont depuis longtemps su prendre les mecs par la queue, le retournement féministe dans les lyrics hip-hop est une nouveauté rafraîchissante en France. Yelle, ni pute, ni soumise. W.P.

Grizzly Bear
Découvert cette année sur l’album à quatre mains Horn of plenty, Grizzli Bear (Edward Droste, songwriting et guitare en chambre ; Christopher Bear, batterie et ingénierie Pro-tools) s’est agrandit de deux nouveaux membres, misant bois, plein de voix et effets d’optiques électroniques sur les chansons toutes en altitude de Droste. Warp a soufflé sur la braise pour tirer le meilleur du quatuor enfermé dans une "maison jaune", qui donne son titre à ce bel album de folk psychédélique, de pop épique, de rock héroïque, rien que ça. Emphatique, mais loin des boursouflures prog’ à la Mercury Rev autant que du free-freak-folk (comment dit-on déjà ?) d’Animal Collective et autres néo-hippies, parce que c’est un disque doux et attentif à lui-même, Yellow house est tout en nuances colorées, chausse-trappes délicatement frustrantes et réverbérations naturelles, utilisant les pièces de la maison comme instruments à part entière, délitant drones acoustiques sur montées acides de chorales lointaines, un peu Beach Boys, un peu Van Dyke Parks, un peu Jim O’Rourke, avec la complexité cérébrale de gens sans doute autistes, nerds, obsédés, par le son, le sens, la structure de tout ça. Apaisé et subtil, précautionneux et enflé d’une ambition discrète mais tenace, tout cela fait un bel et bon album de pianos suspendus, de percussions étouffées, de chemins mélodiques qui ne mènent nulle part, plein de petite épiphanies logées dans un grésil, un battement ou un écho. Un disque qui se découvre, et aussi sur scène, où Grizzli Bear est un vrai groupe héroïque. W.P.