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© Les Éditions Réticulaires, 1997-2007
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Sufjan Stevens a arrangé et produit le superbe premier album du duo The Welcome Wagon, composé de Vito Aiuto et de sa femme Monique. "Welcome to The Welcome Wagon" mélange différents horizons sous un même ciel et prolonge Noël en beauté. Joyeux Noël, donc.
Aller à la rencontre, amoureuse, d'un corps, c'est se soumettre à une possible menace : problématique de jeune fille, problématique du teen movie sur laquelle "Twilight "lève joliment le voile par le biais de la fiction vampirique.
C'est officiel : la fiction sociale est désormais, majoritairement, affaire de frontières et de flux migratoires. Après Loach, les Dardenne, et avant Emmanuel Finkiel, "Frozen river," premier film américain, s'y attelle à son tour, planté aux abords glacés de la frontière canadienne.
Avec "Import / export", le réalisateur autrichien Ulrich Seidl persiste dans ce petit cinéma de terroriste, ce nihilisme vomitif qui lui tient lieu de discours depuis "Dog days". Comme si la sordidité de la réalité l'autorisait à recourir aux procédés les plus dégueulasses.
La surprise du film tient à ce choix de ne rien dire du Che : il n'est jamais question ici de traiter Guevara comme le mythe qu'il est devenu, ni même de signaler l'origine de cette gloire posthume qui est la sienne et qui s'imprime sur des t-shirts.
Ce que vise Kanye West avec "808’s & heartbreaks" ? Dans une Amérique moins post-raciale qu'elle ne veut bien l'admettre, être reconnu non comme le plus grand producteur de rap de son temps, mais comme un artiste complet, au-delà des catégories musicales et des frontières raciales, à un nouveau "roi de la pop".
Après Infinity Ward, "Call of duty" repasse dans les mains du studio intérimaire Treyarch ("Call of duty 3") et annonce le retour en fanfare de la Deuxième Guerre mondiale. Terminée l'aventure scénarisée comme un blockbuster hollywoodien.
Les trains sont souvent remplis de débiles mentaux. Est-ce le fait qu'il s'agit d'un transport bon marché, la pauvreté allant souvent de pair avec un faciès de maladie rare ? Thinking about U driving me crazy. Bien que les fins de race aussi, possèdent leur lot de dégénérés... "L'Ere de rien", en 2009.
S'il ne manque pas d'idées, au contraire, s'il est capable d'injecter du feu sur la pellicule, il reste au réalisateur des plus estimables "Sin city" et "300" à maîtriser des éléments plus basiques, mais sans quoi pas une scène ne tient la route.
Blain appartient à cette génération d'auteurs qui dynamitent avec plus ou moins de bonheur les codes graphiques de la bande dessinée franco-belge, pour libérer le trait des subtilités de pinceau de la ligne claire. La preuve avec ce 3e volet de la série "Gus".
Chaque année, pour les fêtes, entre la dinde et le boudin blanc, débarquent des comédies insipides sur Noël, que l'on imagine pas méchantes par principe, alors que, justement, elles ne s'emploient qu'à saccager l'anniversaire de Jésus.
C'est l'heure des bilans : voici les traditionnels Tops de l'année de Chronic'art + tous les Tops persos de la rédaction. Bien sûr, ça se discute, passez par le forum pour en débattre et publiez les vôtres.
"Mr Alien Brain versus The Skinwalkers", avec sa pochette Op-art, laissait ouverte l'hypothèse d'un recentrage techno-pop, comme Psychic TV avait su le faire par le passé. Il n'en est rien puisque ce nouvel album poursuit assez platement la piste du précédent avec, en sus, une option "live en studio".
Le Herbie Hancock "définitif" ? "Then & now", l'anthologie ultime du maître ? Hélas, non : les jazzfans peuvent passer leur chemin, et les autres n'ont pas vraiment intérêt à commencer par là. Explications.
Parmi ceux qui ont le mieux décrypté notre époque et le totalitarisme implacable et subtil qu'elle instaure, il y a, à côté de Guy Debord, Jacques Ellul. Actu : un livre d'entretiens jusqu'alors inédit et la réédition d'"Autopsie de la révolution".
Avec "Receivers", son quatrième opus, Parts & Labor, qui s'éloigne de ses racines hardcore pour se tourner vers des sonorités plus complexes et un songwriting plus élaboré, prouve qu'il est l'un de ces groupes capables de se renouveler sans perdre son âme.
Le Tchadien Issa Serge Coelo revient sur la période ensanglantée de la dictature d'Hissein Habré au cours des années 1980, trauma national dans un pays qui en a malheureusement vu d'autres depuis. Beau film.
C'est le genre de fille à rire fort. C'est le genre de fille à en faire des caisses, à voir un film triste et à ne plus sortir de chez elle. C'est le genre de fille à dire qu'elle déteste sa mère... La fille "L'Ere de rien", quoi.
Quelque part entre Mufflins et Groville, Delépine et Kervern fabriquent depuis trois films un cinéma dans lequel on peut identifier aisément des traits communs, autant dire un style, et pourtant ce n'était peut-être pas là que les destinait leurs pedigree télé.
Le second film de Craig Gillespie, réalisateur encore inconnu du public français en juillet dernier ("Monsieur Woodcock", marquée par l'écurie Apatow), joue le cul entre deux chaises. Et c'est son grand mérite.
La série B de Noël, sorte de "War games" high tech et sans fil, reforme le couple D.J. Caruso / Shia LaBeouf apràs "Paranoiak" aimable petit film. Tout cela fonctionne bien, jusqu'au lever du voile, disons.
Chronique douce-amère shootée façon téléfilm : "Mes plus belles années", qui nous ramène jusqu'au début des années 80, dans une famille israélienne de six enfants, devrait réveiller le gremlin qui dort en chaque critique.
Danser entre les coups, se blottir contre un guerrier surpuissant, donner le goût du sang aux unités plus faibles en leur confiant le coup de grâce, se casser la tête sur des cartes diaboliques : "Shadow dragon" est un "Fire emblem", et c'est tout ce qui compte.
Le 17 novembre dernier à Paris disparaissait Guy Peellaert, 74 ans, géant de l'iconographie rock et auteur, avec Nik Cohn, du meilleur livre sur les vingt premières années de la révolution pop, "Rock Dreams". Hommage à un graphiste iconoclaste.
Le temps de neuf nouvelles, Puchner raconte une Amérique en décalage, portraiture ses semblables à travers leur misère ordinaire. Premier livre d'un jeune auteur encensé par la critique américaine.
Sur "Decade", Clifton Anderson déroule un hard bop de bon aloi sur des thèmes de sa composition, sans génie mais sans platitude non plus, avec une belle variété d'ambiances et de tempos.
"Mister Lonely" s'annonce comme un film de convalescence et pourtant son diagnostic est formel : Harmony Korine ne sortira plus, c'est évident, du coma où l'ont plongé les années post-"Gummo"...
Tout dans "Le Bon, la brute et le cinglé" est affaire de turgescence, d'enflure à tous les étages. Le film de Kim Jee-Woon travaille son spectateur à l'usure, le noie dans le bruit, la vitesse et les trajectoires jusqu'à le faire céder.
Documenteur, selon une expression chère à la cinéaste, "Les Plages d'Agnès" fait retour sur la vie d'Agnès Varda, passant en revues les lieux, les gens, les péripéties ou les idées qui ont constitué sa vie.
Simulateur de reprise musicale à massacrer en midi ? Enième avatar sucré ad nauseam du péril casual ? Peut être... Mais malgré sa parade de malentendus, "Wii music" est surtout ce que l'on en fait. Explications.
Une semaine après "Secret défense", la débandade du genre français se poursuit avec "Largo Winch". A l'origine, une BD de Van Hamme et Francq...
Très dignes délégués d'un certain post-hardcore binoclard mais redoutable, les trois nantais de Papier Tigre se sont hissés, en France, à toute vitesse à l'avant-poste du rock qui ne fait pas glousser. "The Beginning and end of now", est une petite merveille d'urgence à chérir.
720 pages pour raconter une réunion de famille : le programme a de quoi donner des sueurs froides même au lecteur le mieux disposé. Mais Dash Shaw, jeune auteur américain qui signe là, à 25 ans, sa première oeuvre d'importance, relève brillamment le défi.
Représentante très en vue de la jeune garde des lettres allemandes, Juli Zeh offre avec "L'Ultime question" un thriller sympathique mixant allègrement Whodunit et physique quantique. Un texte habile et ludique.
Pour son huitième roman, "Lilliputia", Xavier Mauméjean place la barre encore plus haut avec son histoire de nain qu'un barnum de foire avait acheté pas cher pour l'envoyer peupler une ville miniature par delà l'océan.
Il était tout petit aux cheveux dressés sur la tête, des avant-bras larges, trop larges, pour l'abondante toison qui les recouvrait et qui laissait par-ci par-là des îlots de peau rose nue... "L'Ere de rien", ouf !
Un ciel bleu céruléen, une petite ville balnéaire avec ses dénivelés surplombant la mer, ses maisons aux tuiles orange et un air de jour de fête à la Tati, et une ambiance colorée, chaleureuse, comme à la grande époque d'"OutRun"... Prenez vite le volant de ce surprenant transfert relifté en HD et en exclu sur le PSN.
Avec "L'Emmerdeur", Francis Veber, petit marionnettiste misanthrope et cynique à crever, vient de faire entrer son cinéma dans sa phase terminale.
Avec ce quatrième opus, "You&me", le groupe d'Hamilton Leithauser distille toujours la formule secrète pour marier l’élégance noire de Joy Division au maniérisme des Smiths. Chronique + entretien vidéo (réalisé lors de leur passage à La Maroquinerie) sur Chro.tv.
"Secret défense" souffre d'un mal qui est celui de tout un pan de notre cinéma de genre : voilà un projet courageux, une envie de thriller populaire et ambitieux qui se ratatine tranquillement faute de vraisemblance.
En croyant un peu trop fort dans les pouvoirs du démon de l'inspiration, on pourrait penser que "Burn after reading" est le genre de film que les Frères Coen n'auraient pas réussi voici quelques années, avant que "No country for old men", d'un coup de baguette magique, les ressuscite tout à fait.
Deux films ici : d'abord le un remake plutôt raté d'un classique de Robert Wise ; ensuite, un film avec Keanu Reeves, qui part du désir de lui faire jouer un alien, et, en cela, il intéresse forcément...
"Fallout 3" est un jeu qui peut dérouter ou rebuter par son côté inabouti, crasseux, un peu jean-foutre. Difficile, pourtant, de résister à l'appel de la randonnée dans un monde à la beauté décrépie qui dresse un constat aussi désespéré sur l'Humanité.
Chronic'art #51, c'est l'heure des bilans Soirée Moshi Moshi Records à la Flèche d'Or Dialect au Nouveau Casino Autour de Choron à la Bellevilloise
[07.01.09]
[09.01.09]