Thomas Pynchon
Seuil

Non seulement Pynchon ne sort qu'un livre tous les dix ans, mais en plus ce livre est génial. Contre-jour, c'est l'opus tortueux et miraculeux du plus invisible des écrivains US, 1 200 pages qui pastichent tous les genres sur la lutte entre bien (les anarchistes) et mal (les capitalistes). Must absolu pour fans et novices.
cf. aussi Chronic'art #48.
TOPS 10 PERSOS
Roberto Bolaño
2666
Christian Bourgois

Coup de massue du début de l'année, 2666, le dernier roman inachevé mais très attendu du nouveau monstre sacré des lettres espagnoles, aborde l'horreur d'un fait divers mexicain (les tueries de Ciudad Juarez) avec une énergie folle, un sens de la narration inouï et une plume trempée de mezcal. Jamais vu ?
cf. Chronic'art #43
Cormac McCarthy
La Route
L'Olivier

Qui mieux que Cormac McCarthy pouvait tirer une fable aussi limpide d'un thème banal comme l'apocalypse ? Vision cadencée d'un horreur possible, La Route met en scène un père, son fils, une route et un ultime rayon d'espoir. Une fiction pure, captivante et, ce qui est rare, magnifiquement traduite.
cf. Chronic'art #42
Lutz Bassmann
Verdier

Antoine Volodine étend sa toile "post-exotique" en signant sous hétéronyme ce livre somptueux, construit en miroir (ainsi qu'un second, tout aussi génial, Haïkus de prison). Une nouvelle résonance pour cette oeuvre unique et supérieure qu'il construit depuis plus de vingt ans. En marge de la littérature officielle, et au-dessus.
cf. Chronic'art #33.
Denis Johnson
Christian Bourgois

L'auteur du culte Jesus'Son signe avec Arbre de fumée un texte monumental, dense et formidablement maîtrisé, autour du conflit vietnamien. Une descente aux enfers saisissante, qui porte à son point d'aboutissement et de perfection le roman de guerre comme genre. Définitif ? National Book Award mérité.
cf. Chronic'art #48
Antoine Piazza
La Route de Tassiga
Le Rouergue

Discrètement, comme ça, Antoine Piazza pond deux petits chefs-d'oeuvre : après Les Ronces, voici La Route de Tassiga, chronique mélancolique d'une colonie d'expatriés sur un chantier de travaux publics au Niger. Rythme subtil, portraits imparables, humour supérieur et, surtout, style souverain. Rare.
cf. Chronic'art #49
Pierre Senges
Fragments de Lichtenberg
Verticales

Hommage à l'Aufklärer G.C. Lichtenberg, ce texte à l'ambition démesurée et généreuse est un labyrinthe jouissif, érudit et ludique de près de 600 pages, qui tranche carrément dans la production française de ces derniers temps. A placer quelque part entre Jorge Luis Borges et Arno Schmidt.
Céline Minard
Bastard Battle
Léo Scheer / Laureli

Déjà soufflé début 2007 par l'impressionnant Le Dernier monde, nous voilà encore une fois secoué par le nouveau roman Céline Minard. Bastard Battle, nouvel objet littéraire remarquable de singularité et de maîtrise, est un récit moyenâgeux aux allures de Wu Xia Pian. Où quand François Villon rencontre Tsui Hark, fallait oser.
cf. Chronic'art #48
Johann Trümmel
Balland

Johann Trümmel fait une entrée fracassante en littérature avec un véritable cocktail Molotov jeté à la face de Saint-Germain-des-Prés : anti-héros odieux, technique (celle du stream of consciousness) déployée dans toutes ses possibilités et, surtout, une ironie ravageuse, impitoyable. Voire extatique, carrément.
Benoît Duteurtre
Les Pieds dans l'eau
Gallimard

On aime bien Benoît Duteurtre en général, mais cette fois il se surpasse : entre récit familial (René Coty, l'aïeul), chronique balnéaire (Etretat, ses galets, ses estivants) et méditation nostalgique sur le temps et la bourgeoisie française, Les Pieds dans l'eau est de loin son meilleur livre.
cf. Chronic'art #50.