James Gray

Souverain Gray : le New-Yorkais conserve son titre acquis l'an dernier avec La Nuit nous appartient (#1 du top Chro 2007). D'un film à l'autre, il a pour une fois foncé, et c'est le même éblouissement. Two Lovers est une love story tragique. Permanence des récits, de la signature, de l'amplitude de la mise en scène, permanence du sublime.
TOPS 10 PERSOS
Joel & Ethan Coen

Retour en force des Coen : ils pataugeaient dans la semoule ces dernières années, et les voilà qui adaptent Cormac McCarthy pour un brillant exercice de style abstrait et absurde sur l'affrontement entre un cowboy malin et un bébe tueur psychopathe génialement incarné par Javier Bardem.
Andrew Stanton

Forever Pixar : le laboratoire merveilleux invente une nouvelle créature en forme de boîte de conserve à roulettes, Wall.E, petit prolo de l'espace embarqué dans une aventure aux confins de l'univers. Anthropomorphisme triomphant + révolution prolétarienne : victoire aux points de Castro le petit robot.
Brian de Palma

Révolutionnaire De Palma. Le barbu prend dix ans d'avance sur tout le monde avec ce pamphlet violent et bouffon sur la guerre en Irak, inspiré par YouTube et la télé. Contrairement aux apparences, ce n'est plus le coulissement vrai / faux qui l'intéresse, mais la plate vérité des images.
Clint Eastwood

Eternel Clint. De film en film, le maître radicalise sa noirceur et malaxe son obsession pour l'exhumation, la remontée du refoulé, la hantise - il faut creuser pour découvrir l'horreur. L'ogre de conte de fées de L'Echange figure brutalement cet angle mort du cinéma d'Eastwood, plus ténébreux que jamais.
Ben Stiller

Killer Stiller : le minus à biscoto emploie les gros moyens pour cette farce en forme d'un Vietnam movie mis en abyme et à mal, où se mêle à l'hilarité générale une théorie du jeu d'acteur doublée d'une brillante réflexion sur les lieux communs du cinéma à grand spectacle américain.
M.Night Shyamalan

Shy pas mort. Et pas seulement parce que, dans Phénomènes, il y a une poignée de scènes de mises à mort ahurissantes. Aussi parce que sous ses airs de série B pâlichonne et naïve, se continue l'art turbulent de l'ex-futur roi d'Hollywood : déhanchements grotesques, effroi et mélo - tout ensemble..
Wes Anderson

Dandy, Hindou : Anderson. Le Texan so trendy embraque sa troupe, son style et ses valises griffées du côté du Rajasthan le temps d'un voyage ferroviaire pour grands enfants mélancoliques. Couleurs, mélancolie, cool-attitude. En avant-programme : un court-métrage sublime, Hôtel Chevalier.
Bertrand Bonello

Bonello en transe. "On arrête tout et on réfléchit" : comme un parfum de 68 qui revient quarante après saisir les narines de Mathieu Amalric, cinéaste en quête d'expériences nouvelles, qui commence dans une secte et finit quelque part entre Tropical Malady et Apocalypse Now. Un film pour ici et maintenant.
Andy & Larry Wachowski / Leos Carax

Merde à la fin : le retour suicidaire de trois grands gosses (Andy, Larry, Leos) donne d'étranges petits monstres. Une gargouille teigneuse chez Carax, qui vient éclabousser de crachat un film de commande (Tokyo !). Une bouillabaisse multicolore chez les Wachowski, qui sous les guirlandes s'avère quelques instants une formidable machine à récit.