Winshluss
Pinocchio
Requins Marteaux

La bande dessinée de l'année, et peut-être même de la décennie, par le co-réalisateur de Persépolis. Un déluge d'inventivité et de subversion, cauchemar du politiquement correct, au service d'une relecture bien sentie de ce conte pour enfant insupportablement édifiant. Un chef-d'oeuvre dangereux.
cf. Chronic'art #50.
TOPS 10 PERSOS
Emile Bravo
Dupuis

La reprise réussie d'un mythe fondateur en bande dessinée relevait jusqu'à présent du fantasme. Mais Emile Bravo concrétise ce que tous attendaient, seul descendant suffisamment intelligent pour trouver l'équilibre entre respect des conventions et capacité à moderniser en profondeur ces monolithes du passé.
Eddie Campbell
Alec - Comment devenir artiste
Cà et Là

Dans ce sommet de l'eouvre autobiographique du dessinateur de From Hell, la dimension sociale des précédents volumes laisse la place à une réflexion brillante sur le statut du créateur (plus particulièrement de bande dessinée), à une époque où la précarité d'Alec, le double de Campbell, contraste avec le succès des O'Neill et autres Alan Moore.
cf. Chronic'art #48.
Christian Perissin et Mathieu Blanchin
Martha Jane Cannar - Les Années 1852-1869
Futuropolis

La surprise de l'année. Les éditions Futuropolis arrivent enfin à sortir un album digne de ce nom, conjuguant ambition (une biographie dessinée ultra réaliste de Calamity Jane, loin des clichés et du folklore) et confirmation (le talent de Mathieu Blanchin, un transfuge des éditions Ego Comme X). Mais on a failli attendre...
Gilbert Hernandez
Delcourt

La saga Palomar City est passée du Seuil à Delcourt mais a conservé cette extraordinaire vitalité qui fait la force de cet univers latino façon soap trash. Dérangés et marginaux, queer et pervers, fausse ingénue, tous sont les bienvenus dans le petit monde merveilleux de Love And Rockets. Une vision radicale et profondément empathique de l'humanité.
Shigeru Mizuki
Opération Mort
Cornélius

En marge de sa célèbre production sur les fantômes japonais, Shigeru Mizuki confesse son expérience traumatique de la guerre du Pacifique. Un périple dénonçant la barbarie mécanique de l'armée japonaise et sublimant son obsession pour le corps maltraité, en l'occurrence le sien, amputé à la suite de cette histoire.
cf. Chronic'art #50.
Laurent Maffre
Les Chambres du cerveau
Actes Sud

L'"adaptation littéraire" en bande dessinée ne serait qu'une vieille prostituée si, de temps en temps, ne nous arrivait une oeuvre subtile et personnelle comme celle de Laurent Maffre, hommage magnifique à Robert Louis Stevenson.
cf. Chronic'art #49.
Dash Shaw
Cà et Là

Il fallait bien un pavé pour décrire subtilement l'imperceptible, des liens qui unissent une famille désagrégée, des éléments microscopiques qui irritent la peau et la maison qui vous a vu grandir. Cette peinture émouvante évite les écueils du sentimentalisme par de subtils mécanismes narratifs et la modestie de son ode aux obsessions délirantes.
James Kochalka
American Elf
Ego Comme X

La production de la maison angoumoisine se fait plus rare, mais elle est toujours impeccable. Dans son journal quotidien fait de micro-strips en gaufrier, Kochalka rêve, dessine, regarde la télé ou est amoureux. Une grâce émouvante et miraculeuse naît de cette oeuvre, hymne au rien et donc à la vie.
cf. Chronic'art #42.
Ed Brubacker et Sean Philips
Sleeper
Panini Comics

Les grands débuts du plus beau couple d'amuseurs américains du moment, Ed Brubacker et Sean Phillips. Dans l'univers balisé des éditions Images, les deux comparses importent le genre du polar et donnent le coup d'envoi d'une nouvelle forme de récit de super-héros. Dardevil reprendra la formule, avec le succès que l'on connaît.
cf. Chronic'art #48.