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Le Dernier maître de l'air |
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Toy story 3 |
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Night and day |
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Twilight, chapitre 3 : hésitation |
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Expendables : unité spéciale (The Expendables) |
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Predators |
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Sexy dance 3 : The Battle (Step up 3-D) |
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The Killer inside me |

Tops 2008
Chro Fake
Les Netocrates
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Les Siestes Electroniques

Reportage en mode gonzo dans la ville rose pour des siestes où il est vraiment impossible de dormir. Notre reporter l'a fait, pourtant, car il n'est plus tout jeune. Quelques souvenirs cependant, entre la clef des champs et celles des songes, de ce trip électronique horizontal.

Reporting gonzo

[Compte-rendu]

Vendredi – En rose et vert

Arrivée à Toulouse, nos joues prennent la couleur de la ville. Soudaine envie de tomber la chemise, à trimbaler mon sac plein de bouquins de la gare encastrée à la chambre d'étudiante qu'Amélie, super stagiaire à la production du festival, nous prête, avec son ordi, ses tentures indiennes et ses chaussettes dans le placard, au sein d'une coloc' chic dans un appartement à Haute Qualité Environnementale, plein de tournesols terrassés et d'étudiants engagés, l'UNEF qui côtoie les Beatles, bouteilles vides sur le balcon et le wifi comme une onde tout autour de nous. Accueil magnifique, dealé gentiment avec le festival et Samuel Aubert son programmateur, en échange de ce compte-rendu rendu tardivement, et d'un « partenariat » qui ajoute de la valeur tant à nous qu'à eux. J'ai l'honneur de commettre un texte à forte teneur benjaminienne dans le programme des festivités, et j'ai droit à un pass-droit sur les boissons et les artistes, que je rentabiliserai comme un vrai gonzo, vous verrez. Pas le temps de feignasser sur la terrasse au vent doux cependant, puisqu'on a rendez-vous avec Etienne Menu, ce vendredi, aux Abattoirs, le musée d'art contemporain qui a le nom le plus craignos de France (va-t-on en sortir découpés en tranches ?), pour une conférence-salon de lecture-salon où l'on causera de rock, de critique rock, de littérature rock, autre contrepartie promise avec joie et un peu de prétention en tant que chef de la rubrique musique de Chro. Etienne Menu n'est pas menu, il est grand, il est blond, il est beau, il est intelligent, il a traduit Rip it up and start again de Simon Reynolds et Turn the beat around, de Peter Shapiro chez Allia, autant dire que c'est à une master-class que je suis convié et je flippe un peu de ne pas y avoir ma place (le gonzo est un gros complexé intellectuellement, il faut le savoir, d'où ces articles très pauvres théoriquement, caches-sexe d'un esprit troué par la drogue et l'alcool). Dans une installation bulbeuse, sorte de merzbau miniature pour électricien obsessionnel (des ampoules tombent partout du plafond sur des plateaux de contreplaqués noirs posés comme aléatoirement pour une inconfortable agora), nous digressons sur l'histoire de la critique rock un peu comme on le ferait au comptoir du Bar Ourcq, devant un public clairsemé et le gardien du musée qui fait régulièrement tinter son trousseau de clé, pour nous sonner qu'il n'a pas que ça à foutre. On s'en fout, on lit tout haut du Schuhl , du Meltzer, du Adrien, du Bangs, du Thiellement, on raconte comment le rock et l'écriture rock sont devenus des genres institutionnalisés par l'université et le capitalisme et comment ils y ont perdus leur fonction révolutionnaire. En gros. On est applaudis à la fin de pas grand-chose, ça fait toujours plaisir, et on va voir les concerts.

Dans un cube noir qui s'appelle les Ateliers Théâtre Garonne, il y a des sandwichs qui s'appellent « Vitamine E » avec plein de produits frais contenant de la vitamine E, des verres en plastique écolo réutilisables et consignés 1 €, des préservatifs « condozone » distribués à la louche et des informations d'intérêt public, citoyen et responsable, un peu partout affichées, qui nous font penser que tout cela n'est pas très rock'n'roll. Impression renforcée devant les gradins posés pour poser nos fesses devant le concert d'Ariel Pink, quand on aurait préféré les bouger, nos fesses, que de s'avachir sous la clim' d'un théâtre dans le noir. Cabotin comme un sociétaire de la Comédie Française, Ariel Pink, à peine dépareillé, dépenaillé, en robe blanche sur jean troué, sabots en bois aux pieds, ne quittant pas même sur scène un sac en tissu qu'on imagine bourré de drogues diverses avariées, ressemble autant à un petit chaperon blanc sous champis qu'à Kurt Cobain, à un point légèrement effrayant quant à la suite de sa carrière. Le blondinet se recoiffe sans cesse, refait la balance de son backing-band très carré en direct devant nous et la façade d'enceintes, en cet écart qui sépare le premier gradin du premier retour, à grands renforts de grimaces et de pouces levés, le tout parfaitement synchronisé avec ses petits hits FM 70's-80's passés à travers le compresseur à tubes qui lui sert de cerveau, dont on ne doute pas de l'efficacité diabolique, vu l'état de défonce avancée du gamin, qui jette un verre écolo sur ceux qui ont l'audace de se mettre à danser sur le coin de la scène, tout en tombant parfaitement juste sur ses couplets et ses refrains, les petits cris glam-rock pile-poil, les pas de danse à pic, arpentant la fosse vide comme un lion qui réclame sans arrêt du rab (plus de drogue), chantant bien, jouant juste, à peine feulant de temps en temps. Mon dieu que cette dernière phrase était longue, beaucoup plus que ce concert un brin bâclé (attitude distante et arrogante typique du hipster de L.A. qui joue devant des provinciaux français) et pourtant vachement bien au final, parce que les provinciaux sont vachement bon public, quand ils se lèvent tous, jeunes et très jeunes, pour se dandiner de concert pendant le concert et sous le nez du hipster, qui finit finalement en joie et en Moonwalk le rappel, parce le faon est mort ce soir, ainsi que le ciel, Sky Saxon, le chanteur des Seeds, le même jour, comme il n'oubliera pas de nous le rappeler, et ça fait du bien.

Après une bière possiblement bio, quelques retrouvailles impromptues qui nous font nous sentir vieux croutons (« Tu as changée ! »), on se retrouve dans une grande salle haute de plafond, assez sombre, éclairée alternativement par une seule couleur, vert (tout le monde est vert), rouge (tout le monde est rouge), bleu (vous m'avez compris), pour la programmation clubbing de la soirée, avec Anoraak, du collectif Valérie. Justement je suis aux côtés de Valérie là, devant Fred avec sa grosse montre UMP et ses lunettes de soleil qui lui permettent de mater les filles au premier rang sans être vu d'elles, et pourtant parfaitement inutiles (voir description du light-show plus haut). Il chante pas très bien des petites mélodies chipées à Cock Robin, Modern Talking ou Berlin (prononcer « Berline »), appuie sur des boutons qui lancent des séquences electro-pop cheasy qui ne provoquent absolument aucune interaction entre mon cerveau et mes pieds (Where the cheese go ? I don't know). Le public pourtant bienveillant de Toulouse semble ressentir à peu près les mêmes effets, c'est-à-dire, aucun, et j'ai l'impression d'être dans la boite de nuit Le Phoenix à côté de Beauvais en 1982, m'attendant à tout instant à un remix de Gold ou de Tenue de Soirée (« et tu tapes tapes tapes »), en sirotant la première vodka-cola de ma vie d'adulte. Qu'en pense donc Valérie ? « On se casse ? ». Aussitôt dit, aussitôt fait, le délai rétrécit à mesure que je le dis, il n'y a plus qu'un effet, rien que les faits, dont je suis la cause, qui cause.

Samedi – Don't touch my bikini

Salut Samuel, tu dois trouver mon compte-rendu de la première soirée des Siestes pas très sympa, alors que tu m'as payé le voyage, que tu t'es débrouillé pour qu'on soit logé chez des gens très gentils, et que j'ai même eu droit à la bière à 1€ pendant tout le festival. Je dois dire que ton accueil était super, que t'avais l'air un peu fatigué parfois, parce que c'est beaucoup de choses à gérer évidemment, mais en même temps, tu faisais aussi en sorte d'être disponible pour parler cinq minutes quand on se croisait, tu étais bienveillant et attentionné, comme tous les gens, bénévoles ou non, qui ont participé à cette fête, et j'ai trouvé ça vraiment classe, comme tout ton festival. Donc, ne le prends pas mal, c'est la subjectivité du gonzo et le snobisme du parisien qui parlent de temps en temps, faut pas faire gaffe. Parce que sinon, le week-end sur la « prairie des filtres » (« la légende raconte que c'est à la prairie des filtres que le rugby a fait son entrée dans la ville rose, pour atteindre le succès que l'on sait. L'endroit reste en tous cas l'un des plus beaux parcs de la ville. Il doit son nom au château d'eau tout prêt, qui puisait son eau filtrée à cet endroit... Avec une vue imprenable sur la Garonne et sur sa rive droite, la prairie des filtres est appréciée pour ses bancs publics. On peut également y faire du ski nautique sur la Garonne », dixit l'office du tourisme - j'avoue m'être surtout demandé si cet endroit avait été ainsi baptisé par les fumeurs de joints locaux) était vraiment top.

Bon, c'est vrai que le petit Suisse Ghostape m'a un peu tapé sur les nerfs, avec ses boucles de voix en falsetto et trois phrases par chanson ad vitam. N'est pas Jamie Lidell qui veut. Mais ça m'a au moins permis d'aller manger un Magnum Chocolat-Amande sur le très beau Pont Neuf et de faire le tour du site : j'ai retrouvé les sandwich vitaminés, les verres bio, les beaux tee-shirts Kulte, les animateurs de Radio Campus qui rameutaient les automobilistes entre les concerts, et l'atelier enfants de circuit-bending que Les Siestes Electroniques, Aires Libres et Sous La Plage font tourner ensemble (les trois festivals sont partenaires et c'est bien, il faut unir ses forces et faire des communes, et après, la révolution, sans blague) et qui est une chouette initiative : « transformer tout objet sonore en instrument de musique improvisé, tel est le sujet surréaliste du Circuit Bending, une pratique créative et ludique, un art du recyclage qui sied bien à notre temps. ». En effet, les enfants étaient ravis, les instruments ravissants, j'adore toucher les petits boutons qui font du bruit, il n'y a aucun double sens dans cette phrase, petits coquins. J'en connais un autre qui aime bien les instruments et les enfants, c'est Etienne Jaumet, le clavier foufou des Zombie Zombie, qui vient ici présenter ses morceaux solo. J'adore Professeur Etienne lorsqu'il présente ses Ateliers de synthés analogiques à des kids et des moins kids, leur parlant à tous avec la même simplicité du gosse qui s'extasie devant les oscillations que provoque le courant alternatif dans une machine, pestant contre l'ordinateur et le numérique, invitant une petite fille à découvrir la magie du Theremin, tout cela avec un émerveillement qui transforme une TR808 en merveilleux jouet, et la musique en merveilleux terrain de jeu. Sur ce terrain justement, il est dans une grosse période de win, l'ami Etienne, puisque son album à paraître est produit par Carl Craig, que la pochette est réalisée par La Boca (celui qui donne envie de découper les covers de Emperor Machine en petits buvards), et que ça sort aux Etats-Unis chez Domino (« Tu te rends compte, le même label que Robert Wyatt ! »). En attendant, il rôde son show un peu partout dans le monde, ici dans les circonstances idéales (plein air, herbe, soleil, sound-system léché). On ferme les yeux, on s'allonge, la bassline va tourner et nous retourner pendant 15 minutes, le souffle du saxo humanisant tout ça, animant des strates de conscience insoupçonnées, la tête dans les nuages, les pieds dans l'herbe, et Etienne sur scène, qui ferme les yeux en tournant les boutons de ses vieux synthés, comme frappé de mini-transes, vite rappelé à l'ordre par l'emballement d'une oscillation, une fréquence aigüe à rectifier, une boucle à lancer. Il est drôle à voir sur scène, Etienne. Ca va marcher, son truc.

La suite de la journée m'emballera moins : Kim Hiorthoy et ses petites boucles DIY navigue entre Anne Laplantine et Boards Of Canada, comme un anachronisme electronica, tandis que Prosumer fera une bonne transition entre la rêverie en bord de Garonne et la grosse rave du soir au Bikini, avec un des plus beaux tee-shirts du week-end : des racines d'arbre se transformant en antenne de télévision, comme une jolie illustration du concept geek de « prosumer » : celui qui, suivant l'évolution des comportements liés à internet, se transforme, petit à petit, de consommateur en acteur, donnant ainsi naissance à une nouvelle catégorie de public, les « prosumer ». De fait, Achim Brandenburg est un gros consommateur de vynils de house old school et les diffuse en tant que DJ (au Panorama de Berlin, notamment), ce qui fait de lui un vrai prosumer de la musique, tiens donc. Les prosumers en devenir sur la pelouse se mettent à danser sur Juan Atkins, Derrick May, Green Velvet et d'autres trucs que je ne connais pas, le dance-floor passe du vert au gris, le soleil se couche avec tendresse, il y a quelques punks à chien avec des rubans colorés un peu crados, la bière coule à flot, c'est un chouette apéro.

Après une petite promenade en ville, on prend le métro direction l'autre bout du monde pour rejoindre le nouveau club Bikini (l'ancien s'est fait exploser par les terroristes d'AZF), dans la zone industrielle, entre un Buffalo Grill et des entreprises aéronautiques un peu louches. Autant dire qu'on est paumés. J'essaie de me renseigner dans le Buffalo Grill sur la marche à suivre, mais il est entouré de palissades blanches infranchissables, et d'ailleurs, il n'y a personne à l'intérieur. Je cours après une voiture aux vitres fumées qui s'engouffre sur le parking d'une Etap'hotel, dont les portes métalliques coulissantes se referment sous mon nez. Pas un chat à l'horizon, mais un hérisson sur le trottoir, sur lequel le pied de Valérie butte pendant notre errance. Quelle idée d'aller en tongs en boîte de nuit, aussi. Nous voilà boitant et piteux, longeant un bretelle d'autoroute, demandant notre chemin à d'autres pauvres ères clubbers comme nous qui ont la bonne idée de lever le nez sur un panneau fléché nous indiquant le chemin vers le Bikini , Lawrence, Isolée, et Dj Koze. Las, là, nous voilà dans le club qui ressemble à n'importe quel autre club, mais il y a plein de jeunes gens cool qui boivent des bières et des cocktails, une corde qui les sépare des gens vieux et riches qui sont venus dîner près de la piscine dans laquelle personne ne met les pieds (et Valérie, avec ses épines d'hérisson dans l'orteil , en rêve), on est un peu déçus. En fait, Samuel, excuse-nous, mais on est vraiment trop fatigués, on a mal partout, on a oublié la vitamine C à Paris, je crois qu'on va rentrer. On prend le taxi le plus sympathique de France (un homme et sa femme, à qui je demande s'ils font toujours leurs courses ensemble, et qui me répondent « Seulement le samedi, c'est notre solution anti-divorce »), et on va se coucher. Rideau.

Dimanche – Les hommages à l'humanité se multiplient sur la pelouse

Le dimanche, on n'est pas censé travailler, on réserve le jour du seigneur pour la spiritualité, les loisirs, la famille. Toute chose qu'on retrouve au lit devant un bon épisode de Californication, avant un petit déjeuner royal chez les colocs. Fred nous raconte sa vie d'étudiant en lutte au Mirail, je suis content d'avoir fini mes études et de ne pas être de droite, on écoute de la musique en lisant Courrier International et en mangeant de la confiture melon-courgette maison. Ne travaillez jamais. Surtout pas le dimanche. Mais c'est quand même ce qu'on va faire, parce que j'ai promis ce compte-rendu à Samuel. Alors je prends des notes, de retour à la prairie des filtres. Half a Rainbow joue son electronica progressive qui ne fait pas venir la pluie, même à moitié, c'est agréable, Etienne a un peu la gueule de bois et rechigne à donner son deuxième cours de synthé de la journée, les passants passent, les chiens n'aboient pas, les enfants jouent, les parents boivent, ça a un petit goût de paradis, cette prairie des filtres, décidément. Encore plus lorsque s'élève le chant d'oiseau de Dominique Leone, notre sans-franciscain préféré, qui presque à lui seul a motivé notre déplacement, et qui commence son set psyché-electronica baroque et barré, au laptop et clavier, accompagné d'une flutiste à pédales et d'un trombone à coulisses. La voix en falsetto filtrée et les couches de sound-process rendent la prairie bizarrement californienne, comme si les Beach Boys étaient en train de faire du ski nautique avec Fantomas, ça s'élève en vagues et ça ne retombe jamais, on se demande un peu dans quel rouleau on va se faire embarquer, si on va finir sur la crête, dans le creux ou sur une grève, échoués comme dans Lost, et finalement, on se retrouve dans l'herbe à Toulouse, bah oui, après ce fascinant trip spatio-temporel. C'était beau, même si cette formule light, à trois, manque encore un peu de sucre. On regrette juste qu'il n'ait pas joué le faramineux « Nous tombons dans elle » devant un public français, mais les nouveaux morceaux présagent d'un album magnifique pour la rentrée.

Bon que se passe-t-il maintenant ? Il y a Larytta qui commence son set, on a un peu de mal à atterrir, les suisses Guy Meldem (Körner Union) et Christian Pahud (Honey For Petzi) font leur show electro-pop, avec quelques machines et deux micros, les gens se trémoussent, boivent des mousses ou du mousseux. Je croise Nicolas Nerrant, du Mouv', qui me dit en rigolant « Je suis venu faire la sieste, comme annoncé sur le programme, mais c'est vraiment impossible. ». Puis, Hudson Mowhake finit le festival avec un set plein de breaks et de beats, tandis que les bénévoles finissent les fûts dans la joie et la tristesse mêlés du travail bien fait et de la mission accomplie. Moi je décroche complètement et vais sous la tente du catering avec Etienne Jaumet qui envoie des milliers de texto et Etienne Menu qui boit de la Redbull, regarder la Garonne et les skieurs nautiques, des types à six sur des pedalos pour six qui vont à deux à l'heure. Le soleil se couche et le pont à côté de nous s'éclaire d'une étrange couleur verte au milieu de la ville rose, tandis que nous parlons des TGV et de la chanson de Houllebecq sur les wagons Alsthom, dont je reproduis in extenso ici le texte pour clore ce compte-rendu, parce que c'est très beau et parce qu'il est temps de rentrer à Paris, que la parenthèse toulousaine était enchantée, mais que voilà ce qui nous attend, nous devons nous y préparer :

« Nous roulons protégés dans l'égale lumière
Au milieu de collines remodelées par l'homme
Et le train vient d'atteindre sa vitesse de croisière
Nous roulons dans le calme, dans un wagon Alsthom,

Dans la géométrie des parcelles de la Terre,
Nous roulons protégés par les cristaux liquides
Par les cloisons parfaites, par le métal, le verre,
Nous roulons lentement et nous rêvons du vide.

A chacun ses ennuis, à chacun ses affaires;
Une respiration dense et demi-sociale
Traverse le wagon; certains voisins se flairent,
Ils semblent écartelés par leur part animale.

Nous roulons protégés au milieu de la Terre
Et nos corps se resserrent dans les coquilles du vide
Au milieu du voyage nos corps sont solidaires,
Je veux me rapprocher de ta partie humide.

Des immeubles et des gens, un camion solitaire:
Nous entrons dans la ville et l'air devient plus vif;
Nous rejoignons enfin le mystère productif
Dans le calme apaisant d'usines célibataires ».

A bientôt la ville rose.

Wilfried Paris

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Compte-rendu

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Dominique Leone

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Flâner n'est pas rêver

[Programmation]

Les Siestes Electroniques

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