Infogrames joue la carte de la continuité. Un an après la sortie de Ready 2 rumble sur Dreamcast, la marque au tatou persiste et signe : le second opus du jeu de boxe accompagnera les premiers pas de la PS2. Arnaud Blacher, directeur marketing, présente ses vues sur le phénomène.

Chronic'art : La nouvelle bombe de Sony peut-elle être considérée comme une révolution dans le monde vidéoludique ?

Arnaud Blacher : La PS2 marque effectivement une nouvelle étape dans l'évolution des systèmes ludiques interactifs. Plus puissante, elle affiche des graphismes plus fins et une animation plus fluide et détaillée. Au niveau du gameplay lui-même, elle ouvre des perspectives jusqu'alors limitées par les capacités des machines. Les concepteurs avaient tous de très bonnes idées mais étaient hélas contraints jusqu'alors de revoir leur ambition à la baisse, faute de moyens technologiques, et financiers bien sûr. Aujourd'hui, la PS2 recule les frontières du possible. Le grand gagnant, c'est incontestablement le joueur : immersion totale dans des univers photoréalistes assurée.

Les projets ludiques seront-ils plus nombreux et ambitieux grâce à l'arrivée de cette nouvelle console ? Doit-on s'attendre à un changement de stratégie de la part des éditeurs ?

Pas la peine de se leurrer, une telle évolution dans la qualité des jeux s'accompagne d'une hausse significative des coûts de développements. De 1 à 10 millions sur la PlayStation, on passe de 10 à 100 millions sur la PS2, soit le prix moyen d'une superproduction hollywoodienne. L'esprit et les concepts changent du tout au tout. Les équipes ressemblent de plus en plus à de micro-entreprises, employant entre 20 et 30 personnes et nécessitent des matériels de plus en plus chers : motion capture, stations graphiques surpuissantes... Sur Outcast (lire notre test PC) par exemple, le recours à l'orchestre philharmonique de Moscou semblait exceptionnel. L'appel à des professionnels d'autres médias deviendra une nécessité pour satisfaire un joueur encore plus exigeant. D'un autre côté, il est absurde de penser qu'augmenter le prix d'un jeu sera la solution miracle. On le sait, 500 F constitue la barrière psychologique à ne pas dépasser. La remise en cause pour les éditeurs est donc profonde. Une seule solution : moins de titres mais de meilleure qualité, un bide équivalant à une perte incommensurable. Comme pour le cinéma américain des années 20, les petits éditeurs vont donc devoir se regrouper. Seuls quelques grands groupes pourront survivre et investir autant d'argent dans des productions longues et clairement plus coûteuses. (...)







Souriez, vous ne jouez pas à la console
La nouvelle console Sony compte bien s'imposer comme l'étalon or d'une nouvelle génération de loisirs.




On a (presque) tout essayé !
Avant la date de sortie officielle, débarquement chez Sony France pour tester la machine.




Commentaires du bout du monde
Un hardcore gamer américain et un autre japonais nous dévoilent leurs impressions.




Paroles d'éditeur
Comme beaucoup d'autres éditeurs, Infogrames accompagnera les premiers pas de la PS2. Entretien.
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