(...) Histoire de balayer dès le début le thème le plus tarte, autant se farcir la question casse-gueule par excellence : les hypothétiques ponts entre la musique de Godspeed et le post-rock, et leur opinion sur tout le toutim. Réponse franche et massive : peau de balle. Les musiciens reconnaissent, passablement agacés, qu'il s'agit là de rapprochements auxquels ils ne comprennent rien. Norsola : "C'est quelque chose dont on est conscients évidemment. Mais on s'en fout. On veut nous étiqueter "post-rock" ? Et bien faites-le, il y a des choses bien plus importantes que cela." Bruce : "C'est tellement facile d'étiqueter les gens. C'est rassurant de décrire la réalité comme ça. Tu repères tel ou tel élément à droite à gauche et puis voilà, tu te retrouves avec une "scène". Je veux pas être méchant, mais la presse manque en général d'imagination." Aïdan : "C'est comme pour les gens qu'on fréquente. Okay, on a bu trois quatre bières avec les types de Mogwai, mais c'est tout, ça s'arrête là. La seule chose pour laquelle ils ont dû s'engager, c'était une histoire de couvre-feu pour les jeunes [il s'agissait en fait du ep No education = no future. Fuck the curfew, ndlr]. C'est pareil avec les groupes de Chicago. On n'a jamais pensé en termes de "mouvement'"". Bruce : "Et puis quand on rencontre ces gens, ça se passe entre musiciens. Alors on parle d'abord de musique. Ca ne va pas plus loin. Au début, il y a aussi le fait qu'on ne se sentait pas assez sûrs pour avoir l'idée de construire des liens avec des groupes venant d'ailleurs." Norsola : "Enfin, quitte à trouver des points communs avec d'autres formations, on partage bien plus de choses avec Fugazi, ou The Ex." Bruce : "Pour nous, Fugazi c'est un exemple." Norsola : "Bref, on partage plus un esprit qu'une musique avec d'autres groupes." Aïdan : "Personnellement, je reste ouvert. J'aime bien le dernier Madonna !" (Aïdan se fait rabrouer par Norsola ; la solidarité de groupe a ses limites).

Les musiciens sont en revanche bien plus intrigués par la question de leur rapport à la communauté. Une fois à Montréal, il saute en effet aux yeux que la notion de communauté dont parle inlassablement le groupe renvoie à une réalité qui se matérialise -lieux et gens. Aïdan : "Il y a une chose dont je reste plutôt fier, c'est notre manière de travailler collectivement. (...) L'argent de nos disques reste dans la communauté ou a déjà servi par exemple à monter nos tournées." Bruce de préciser immédiatement : "Même si au début, pour la première tournée, on avait touché une bourse". Hors de question qu'avec le succès le groupe trahisse son label, donc ses amis. "Pourtant, ça aurait été facile pour nous de choisir une meilleure distribution et d'aller chez E.M.I." Norsola : "Moi, je suis toujours heureuse d'entendre des musiciens nous dire : "C'est donc possible de survivre, de jouer sa musique de l'autre côté de l'Atlantique et de rester intègre". Cette communauté locale est fermée (à la grande distribution) et indépendante (de la presse). Hors de Montréal, celle-ci se construit pourtant par agrégation d'articles de presses, et pour y rentrer, il suffit de traîner dans les bacs dits "indépendants" des gros magasins de disques. Autant dire que la dimension indépendante du groupe, victime de son succès au-delà de Montréal, se trouve sérieusement édulcorée par les multiples entorses faites à leur principe du "zéro compromission". "Jamais on pensait être écoutés à l'autre bout de la planète. Il y a tellement de groupes doués qui méritent de percer et de se faire entendre. Il y en a partout des groupes pareils." Et eux de s'étrangler à moitié devant l'appétit des distributeurs pour les slogans en carton pâte du genre "Levez yr skinny fists... l'un des meilleurs album post-rock". Degré zéro. (...)











Le post-rock et après ?
Un état des lieux du Post-rock s'impose.




Rock in America
Quelques mots de John Herndon, claviériste de Tortoise.


Doug Mc Combs
Quelques mots de Doug Mc Combs, bassiste de Tortoise.






The magic touch
Rencontre avec David Grubbs, émule du finger-picking.








Les free-lance de Chicago
Interview de Rose Marshall et Howie Kantoff, de Salaryman.













La communauté qui vient
A l'occasion des deux concerts de A Silver Mt Zion, petite exploration guidée du microcosme Constellation.






Interactions
Mise à jour de quelques échanges fructueux entre post-rock et musique électronique.
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