(...) Tout comme la Casa, qui est un lieu tenu par un musicien, à l'usage de musiciens, Constellation reste d'abord une affaire de musiciens et d'amis. Don et Ian, telles deux mères couvant leurs bébés, paniquées à l'idée que quelque malheur ne leur arrive, gèrent à deux cette entreprise grandissante. Et pour couper court aux rumeurs, Don me fait comprendre que le label a les reins solides. Clairement tracté jusqu'ici par Godspeed, le label a su se faire un nom, synonyme de qualité, de professionnalisme, d'exigence, d'intuition. Mais aussi une place d'honneur, face aux autres labels, notamment l'Américain Kranky, qui jusqu'à présent s'occupait de la production CD des disques de Godspeed. Pour l'anecdote, lorsque Lift yr skinny fists... est sorti à Montréal, Kranky a pris trois semaines de retard dans la livraison par rapport à Constellation. Le petit label montréalais a de ce fait profité d'un flot inespéré d'acquéreurs pourtant décidés à acheter le CD. Quant au souci du label de produire des pochettes cartonnées toutes aussi élaborées que réussies, il n'est qu'un maigre indice trahissant une quête de singularité (par rapport à l'anonymat de l'industrie du disque), et l'expression du respect voué à ceux qui les font vivre : leurs acheteurs.

A cet égard, j'entrevois par moments une série de parallèles entre Montréal et Glasgow. Même soutien des disquaires indépendants aux projets musicaux de la ville, même maillage serré du réseau de musiciens, même succès musical (on parle de la "scène de Glasgow" comme on commence à évoquer la "scène de Montréal", ce que n'hésite plus à faire un fanzine montréalais au coeur d'un de ses articles). Peut-être serait-il intéressant de creuser plus en profondeur le sillon qui semble relier ces deux villes également au coeur d'un combat souverainiste (l'Ecosse contre Londres, le Québec contre Ottawa, pour faire très succinct).

Pour l'heure, il me restait beaucoup d'interrogations sur la dimension communautariste et la musique de Godspeed. J'allais les épuiser en rencontrant autour d'une table quelques membres du groupe : les deux batteurs Aïdan et Bruce, Mauro le bassiste, et Norsola la violoncelliste, tandis que Roger faisait la balance pour son concert du soir à la Casa. Rendez-vous avait été pris suffisamment à l'avance pour que les emplois du temps de chacun s'accordent. Après quelques questions vaguement inquiètes sur la personne à qui ils avaient affaire, me voilà parti presque honteux pour la rengaine des questions/réponses, sans ordre aucun, tant Aïdan a le chic pour revenir constamment en arrière et susciter lui-même de nouvelles questions. (...)











Le post-rock et après ?
Un état des lieux du Post-rock s'impose.




Rock in America
Quelques mots de John Herndon, claviériste de Tortoise.


Doug Mc Combs
Quelques mots de Doug Mc Combs, bassiste de Tortoise.






The magic touch
Rencontre avec David Grubbs, émule du finger-picking.








Les free-lance de Chicago
Interview de Rose Marshall et Howie Kantoff, de Salaryman.













La communauté qui vient
A l'occasion des deux concerts de A Silver Mt Zion, petite exploration guidée du microcosme Constellation.






Interactions
Mise à jour de quelques échanges fructueux entre post-rock et musique électronique.
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