(...) A deux pas de la Casa se trouve l'Oblique, pittoresque disquaire indépendant qui a ouvert ses portes en 1987, au moment où SubPop prenait son envol avec la vague grunge. Une véritable caverne d'Ali Baba, où règne un je ne sais quoi de Championship Vinyl : un joli bordel organisé et, détail qui ne trompe pas, les listes des meilleures disques établies par chaque vendeur, scotchées au mur (!). L'Oblique répond à un besoin qui dépasse de loin Montréal : celui de préserver les disquaires indépendants (et sympathiques, tant qu'à faire). Bon nombre de petits disquaires n'ont en effet pas supporté l'ouverture fracassante dans le downtown du mastodonte anglais HMV, qui a aussitôt axé ses ventes sur un public jeune, en utilisant une ambiance résolument moderne (au contraire de la chaîne canadienne SAM, pour qui tout s'est arrêté aux années 70 et qui n'est jamais parvenue à rentrer dans les années 90). L'effet a été dévastateur : beaucoup de jeunes friands de Bauhaus ou des Cocteau Twins s'y sont précipités. Mal approvisionné, le HMV distribue les bons coups à leur sortie, mais est incapable de maintenir des stocks à flot. L'Oblique vivote quant à lui, avec ses quelques habitués, fidèles collectionneurs de l'indépendant.

C'est un groupe comme Godspeed qui a amené de nouvelles têtes à l'Oblique, des jeunes d'une vingtaine d'années déçus par la grande distribution, captés par l'énergie du groupe, intégrant ainsi parfois à leur insu cette communauté indépendante. Aujourd'hui, en assurant une partie de leur vente, Constellation renvoie l'ascenseur aux disquaires qui ont cru dès le départ dans le label. C'est par exemple chez ces mêmes vendeurs que l'on trouve exclusivement les places de concerts des artistes du label ou se produisant à la Casa, qui refusent obstinément tout contact avec les faiseurs et défaiseurs de modes : presse locale et grosse distribution. Il suffit d'une anecdote pour comprendre la défiance de Godspeed à l'égard des journaux montréalais, souvent mal informés : il y a peu, la rumeur annonçait le groupe sur le point de signer chez E.M.I. (sic). De toute manière, depuis que Godspeed a refusé la couverture d'un journal local, la presse boude royalement le groupe, taxé de "bande de snobinards".

Le label Constellation, comme Alien 8, est basé à Montréal, au contraire des grosses maisons basées à Toronto (Ontario). A l'exception de Do Make Say Think (de Toronto), tous les musiciens du label vivent également à Montréal : Fly PanAm, Sofa (l'ancien projet de Ian, le cofondateur de Constellation), Exhaust, Sackville, Frankie Sparo, One-Speed Bike (le projet d'Aïdan, l'un des deux batteurs de Godspeed), A Silver Mt Zion et bien sûr Godspeed You Black Emperor !. Cette proximité géographique, mêlée à de solides affinités musicales, produit un salutaire brassage : nombre de ces musiciens échangent, collaborent en permanence. Ian, Thierry, Sophie et Efrim prêtent main-forte à Frankie, Roger de Fly PanAm remplace Moya dans Godspeed, Sam Shalabi, Aïdan et Gordon Krieger (Exhaust) apparaissent sur A Silver Mt Zion et se produisent chez Mauro, Fluffy (batteur de Molasses) aide régulièrement aux concerts de la Casa, les garçons de Godspeed reprennent Hank Williams dans les Lonesome Hanks, etc. (...)











Le post-rock et après ?
Un état des lieux du Post-rock s'impose.




Rock in America
Quelques mots de John Herndon, claviériste de Tortoise.


Doug Mc Combs
Quelques mots de Doug Mc Combs, bassiste de Tortoise.






The magic touch
Rencontre avec David Grubbs, émule du finger-picking.








Les free-lance de Chicago
Interview de Rose Marshall et Howie Kantoff, de Salaryman.













La communauté qui vient
A l'occasion des deux concerts de A Silver Mt Zion, petite exploration guidée du microcosme Constellation.






Interactions
Mise à jour de quelques échanges fructueux entre post-rock et musique électronique.
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