(...) Howie : L'électro fonctionne comme une famille. Nous avons une démarche trop individuelle et excentrique pour intégrer une scène, une école ou un gang. Nous n'avons pas notre carte de membre dans les clubs techno ou assimilés. Il nous est déjà arrivé de nous produire dans ce genre d'endroit. Après le concert, nous passions généralement la soirée à l'écart, adossés contre un mur...

Rose : Notre musique se rattache difficilement à d'autres. A la limite, nous aimerions plutôt collaborer avec un réalisateur ou avec une troupe de danseurs qu'avec un autre groupe.

Vous vivez à l'écart des grandes villes comme Chicago ou New York : cet éloignement est-il une chance ?

Certainement. Seuls Rick et moi habitons à Champaign - Howie et Jim sont à Chicago -, mais le groupe y a toujours ses bases : c'est là que nous répétons et enregistrons. C'est une ville où il y a relativement peu de choses à faire et où tout est très bon marché. Un environnement idéal pour des musiciens : rien ne peut nous distraire de notre travail... La scène locale est d'un bon niveau et les relations entre groupes sont vraiment fraternelles. Les musiciens forment une communauté sympathique, dégagée de cet esprit de compétition étouffant qui caractérise les scènes des grandes villes comme Chicago.

On vous a parfois assimilés à la scène dite "post-rock" de Chicago, alors que vous ne vous en êtes jamais vraiment réclamés.

Rose : Nous avons toujours évité les classifications. L'aspect positif de cela, c'est que les gens ont toujours eu du mal à nous épingler. L'aspect négatif, c'est que lorsque vous êtes rangés dans la même catégorie que les excellents Tortoise, leurs admirateurs se sentent tenus de vous apprécier aussi -et vous vous retrouvez avec des fans tout cuits, en quelque sorte. Nous ne bénéficions donc pas de ce genre de phénomène. Mais je suis convaincue que c'est une chance de rester un peu vagues, insaisissables. Tout le monde y gagne en liberté : le public, qui écoute et interprète notre musique comme il l'entend, et nous, qui restons libres de tous nos mouvements.

Propos recueillis par Richard Robert











Le post-rock et après ?
Un état des lieux du Post-rock s'impose.




Rock in America
Quelques mots de John Herndon, claviériste de Tortoise.


Doug Mc Combs
Quelques mots de Doug Mc Combs, bassiste de Tortoise.






The magic touch
Rencontre avec David Grubbs, émule du finger-picking.








Les free-lance de Chicago
Interview de Rose Marshall et Howie Kantoff, de Salaryman.













La communauté qui vient
A l'occasion des deux concerts de A Silver Mt Zion, petite exploration guidée du microcosme Constellation.






Interactions
Mise à jour de quelques échanges fructueux entre post-rock et musique électronique.
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