Depuis 1987, Rose Marshack, Jim Valentin, Rick Valentin et Howie Kantoff ferraillent ferme sous le nom de Poster Children, l'une des valeurs sûres du rock indé américain et de la formule guitares-basse-batterie. Une affaire qui serait restée sympathique et pépère si le quatuor, en 1996, n'avait décidé de créer Salaryman. Interview.

Salaryman est une entité musicale parallèle qui prolonge le rêve rock'n'roll à grand renfort de samples, orgues, synthés analogiques, theremin et autres téléviseurs, le tout vertébré par une batterie particulièrement rentre-dedans. Connecté malgré lui à la scène dite "post-rock" de Chicago (le groupe est domicilié à Champaign, Illinois), Salaryman en est assurément l'un des électrons les plus libres et l'un des acteurs les plus percutants -notamment sur scène, où il a coutume de démolir le public de bonheur. Comme Add N to X, les quatre Américains produisent une musique électro et instrumentale hors-mode, qui se garde bien d'appeler à la vénération des machines et préfère inventer un langage primitif et intelligent, parfaitement balancé entre âge de pierre et futurisme. A l'heure qu'il est, Salaryman planche sur un troisième album qui devrait agrandir les brèches déjà ouvertes par Salaryman (1997) et Karoshi (1999).

Chronic'art : Comment un groupe rock comme Poster Children en est-il arrivé à créer ce double électro, Salaryman ?

Rose : Salaryman a été créé de façon purement accidentelle, à l'occasion d'une tournée solo de Jenny Toomey, la chanteuse de Tsunami. Sur chacune de ses dates, Jenny demandait à un groupe local de jouer les backing-bands et d'apporter quelque chose d'inattendu. Lorsqu'elle est passée à Champaign, c'est nous qui nous y sommes collés. Salaryman est né ainsi, comme une blague d'un soir, un projet sans lendemain. Mais une semaine avant le concert, l'organisateur nous a appris que nous aurions également notre propre set. Nous nous sommes donc enfermés à la maison et nous avons composé quelques morceaux dans l'urgence. Le soir du concert, j'étais terrifiée. Je pensais que les gens nous enverraient sur les roses. Mais ils ont semblé aimer. Et nous avons découvert une nouvelle forme d'énergie musicale.

Etait-ce votre première expérience avec des claviers et des machines ?

Depuis plusieurs années nous avions accumulé une tonne de matériel de ce genre -plus ou moins récent et en état de marche. Nous avions déjà essayé d'incorporer des synthés dans un cadre rock, mais ça ne fonctionnait absolument pas, c'était trop prévisible. Il ne nous était jamais venu à l'idée de les utiliser non pas comme compléments à notre musique, mais comme des outils à part entière. (...)











Le post-rock et après ?
Un état des lieux du Post-rock s'impose.




Rock in America
Quelques mots de John Herndon, claviériste de Tortoise.


Doug Mc Combs
Quelques mots de Doug Mc Combs, bassiste de Tortoise.






The magic touch
Rencontre avec David Grubbs, émule du finger-picking.








Les free-lance de Chicago
Interview de Rose Marshall et Howie Kantoff, de Salaryman.













La communauté qui vient
A l'occasion des deux concerts de A Silver Mt Zion, petite exploration guidée du microcosme Constellation.






Interactions
Mise à jour de quelques échanges fructueux entre post-rock et musique électronique.
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