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Vous avez dernièrement déménagé de Chicago pour vous installer à New York. Qu'est-ce que ces deux villes ont apporté, à vous et à votre musique ?
De manière assez surprenante, en déménageant dans une bien plus grande ville, je me suis mis à travailler seul plus souvent. D'abord parce que, par comparaison, les gens de Chicago habitent tous le centre-ville (c'était comme une scène entre voisins). Mais aussi parce que j'ai été occupé à enregistrer chez moi toute l'année dernière. Et puis il y a un tel flot de gens qui viennent sur New York que ça m'occupe assez et m'empêche de jouer de manière régulière avec des gens du coin.
Pour parler du Post-rock : pensez-vous qu'il s'agissait, ou qu'il s'agit peut-être encore, d'une réelle vague musicale qui a changé les habitus musicaux ?
Je crois que ce qui a été fondamental, c'est l'ouverture à l'égard d'un champ musical plus vaste et l'inclination à outrepasser les distinctions de genre. Je pense que c'est ça qui restera, bien plus que les contributions individuelles ou de chaque groupe.
Maintenant que vous vivez à New York, avez-vous noué des contacts et jouez-vous avec des musiciens de la ville ?
Pas tant que ça. Sur The Spectrum between, on retrouve Dan Brown (de l'excellent groupe Hall of Fame) et Daniel Carter.
La scène de Chicago, la scène de New York, la scène de Montréal... Comment expliquez-vous ce besoin de créer des communautés musicales que l'on retrouve dans les grandes villes ? Avez-vous l'impression de faire partie d'une communauté ?
Ca fait du bien sur le coup. Mais après dix ans passés à Chicago, j'aime bien me retrouver un peu plus à l'écart de tout ça, et prendre le temps de bricoler de mon côté avec cette perspective plus large qui m'est offerte.
Vous avez également joué avec les Français Noël Akchoté et Quentin Rollet. Connaissez-vous un peu la scène musicale française ?
Bien sûr. Rectangle est l'un de mes labels préférés, et Noël et Quentin sont une véritable inspiration pour moi. Comme vous le savez, bien des gens aux Etats-Unis ne connaissent presque rien de la musique française et tournent pas mal en dérision les Français jouant du rock. Je crois que l'expression "imbécillité américaine" est sur mes lèvres en ce moment, vu le nouveau président qui nous gouverne. En fait, mieux vaut ne pas me brancher sur le sujet !