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Que se cache-t-il dans nos vêtements ? Depuis les années 60, on le sait, du Nylon, puis bientôt de l’acrylique, du polyester, autant de matières synthétiques devant imiter respectivement : la soie, la laine et la fourrure, le coton enfin. Les mutations de la mode qu’expose le musée Galliéra sont d’abord technologiques. Elles engendrent immédiatement des mutations stylistiques, les créations prenant parfois des airs de costumes de science-fiction, comme cette double coque de Pierre Cardin, coiffe insolite de plastique transparent qui ouvre l’exposition. Alors que le tissu non tissé (en fibres de cellulose) fait actuellement le bonheur des ménagères désireuses de jolies nappes sans entretien (puisque jetables), cette matière a d’abord ravi les coquettes avec la Poster Dress, robe aux motifs multiples, plutôt voyants, comme celle arborant quantité de boîtes de soupe Campbell, fameuse icône d’Andy Warhol.

Les vêtements professionnels (sport, armée, médecine, etc.) profitent avant les autres de toutes ces découvertes puis, par un juste retour des choses, les créateurs s’en inspirent pour leurs propres modèles. Alors, comme un jeu des différences, on reconnaît ici des réflecteurs de vélo composant un des fameux modèles de Paco Rabanne à assembler soi-même, là l’anorak derrière une robe de soirée orange, ou encore un rappel des filets de camouflage de l’armée pour une robe habillée-déshabillée. Quand ce n’est pas l’imprimé même, aux tonalités kaki et brun, qui se trouve cité. Enfin, n’oublions pas les extraordinaires « hommages » de Thierry Mugler à la Harley Davidson d’une part, au pneu de l’autre. A côté de cela, une petite place dédiée au recyclage dans l’exposition rappelle qu’à partir de bouteilles en plastique d’eau minérale peuvent être tricotés des pull-overs… Magie de la science.

La dernière partie de l’exposition, d’ailleurs, présente des créations assez féeriques. Le visiteur reste émerveillé souvent par l’objet lui-même, toujours par sa fabrication : éponge naturelle, ananas, béton cellulaire, plumes d’oiseaux ; les inventions semblent pouvoir aller en tous sens et les créations prennent des allures de recherches tous azimuts. Pour une visite réellement passionnante, ne vous privez pas de l’audioguide proposé à l’entrée de l’exposition. Ses commentaires donnent à la visite encore plus de consistance.

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