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N’étant pas du genre « c’est pas écrit neuneu », au point de poireauter trois heures pour que dalle, et ce faisant, snober le raout minimaliste de Pépère Bowie, il était par contre hors de question de poser un lapin à dEUS. dEUS… source éternelle de reconnaissance pour exister et -en conséquence- nous avoir offert le meilleur album et concert du printemps dernier. A l’occasion de cette troisième visite parisienne, les Bruxellois enchantés se sont repointés au Bataclan avec une autre jambe cassée ! En effet, après la rythmique en juin à la Cigale, c’était au tour du clavier de se radiner cette foi-ci avec plâtre, béquilles et violon. Il faudrait se renseigner sur l’affaire (private joke ? casse-cou ?) un jour, mais peu importe ; car même en faction avec 11 jambes valides, dEUS nous a une fois de plus remis au pas. Certes sans nous casser les pieds mais, il est vrai, avec un peu moins d’ampleur qu’à La Cigale.

Pourtant, il n’y a rien à reprocher et cette critique ne se veut pas dénigrante pour dEUS, largement installés dans la cour des grands pour leur sens du devoir et de la précision furieuse. D’où notre exigence et la déception (proportionnelle à leur talent) malgré leur don d’eux-mêmes, leur son martial, leur éclectisme exceptionnel et une grosse poignée de danseurs décalqués sur scène pour deux morceaux. Tout le meilleur du répertoire y était, dont une large part puisé dans In a bar, under the sea (le déchirant et paroxysmique Roses et le kaléidoscope imparable de Fell of the floor man, le Litlle arithmetics ou Theme from the turnpike que ne renierait pas Tom Waits). Côté Ideal crash, toujours rien à redire mais avouer qu’Instant Street, le joyau de l’opus en question, était vraiment attendu comme un messie -la vertu expiatoire du crescendo de ce morceau n’étant plus à démontrer.
Las ! En l’occurrence, la métaphore politique du « cinq minutes et la douche » sied bien à la prestation pour mesurer la frustration. Car Tom Barman aurait quand même pu jouer les « monsieur plus » sur le chef-d’œuvre déjà honteusement caviardé par Ouï FM, et même, par extension, éviter de niquer le concert en l’achevant -il n’y a pas d’autres mots- avec deux valiums auditifs. Car ce qui a pêché, c’est la setlist distribuée dans le désordre. Bref, on a tout de même un peu perdu notre soirée.

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