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Dernier volet de l’événement Hockney (après Espace/Paysage au Mnam et Dialogue avec Picasso au Musée Picasso), David Hockney « photographies 1968-1997 », à la Maison Européenne de la Photographie, présente le peintre sous un jour qu’on lui connaît déjà, celui de photographe.
On connaît effectivement ses « photocollages » : photographies de détails, qui assemblées, reconstituent un espace. Comme la peinture cubiste, ces œuvres sont des instantanés de la perception ; en embrassant un paysage du regard, notre œil s’arrête imperceptiblement sur une multitude d’objets. Hockney rend cela perceptible dans son travail. Loin d’être l’application mécanique d’un principe formel (intelligent, certes), ces collages photographiques permettent une recherche sur la forme générale de la composition (ovoïde, plus ou moins éclatée, etc.), sur la juxtaposition des photographies. L’intérêt se trouve donc à la fois dans l’appréhension globale de l’œuvre, dans le choix du sujet de chaque photographie constituante et dans leur confrontation (permettant de masquer certains éléments, d’en répéter d’autres).
L’artiste expérimente aussi de nouvelles techniques telles que la photocopieuse ou l’image numérique qui mettent en scène des fragmentations de l’espace. Mais l’exposition ne peut se résumer à ces travaux caractéristiques d’Hockney ; des scènes d’intérieurs, d’une composition savamment libre, présentent « un » quotidien du peintre mêlant jeu et sincérité. Ce qui frappe dans toutes ses photographies ce sont les couleurs, éclatantes et harmonieuses (ce qui se rapproche d’ailleurs de ses œuvres peintes). Le plaisir de l’artiste se lit dans ses travaux. Il est communicatif. Ne vous en privez pas !

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