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Une rencontre inattendue, qui date de juin 98, entre les fameux partisans de la Bretagne musicale ouverte et l’orchestre symphonique dirigé par Hubert Soudan. Il fallait y penser. Le besoin d’échanger avec l’autre, le besoin d’expérimenter de nouvelles choses, le besoin de s’ouvrir à d’autres publics ont contribué à la naissance du projet. Un travail qui a nécessité beaucoup de disponibilité de la part de chacune des parties en présence. Mais l’ONPL, on le sait, n’en est pas à sa première aventure, dans ce type de rencontres. On songe par exemple à un autre travail qu’ils avaient mené sur le répertoire des Beatles. C’est une manière pour eux de se régénérer. Quant à Tri Yann, on connaît leurs apports rock sur le patrimoine musical breton. On connaît également l’esprit d’échange qui les a toujours animés.

Et puis, il y a le symbole que traduit le propos de Jean-Louis Jossic dans le livret : « La musique est liée à la politique uniquement dans le sens où elle amène la tolérance là où elle n’est pas. J’ai une casquette politique en étant élu à la ville de Nantes, mais je réagirais de la même manière si je ne l’étais pas. Historiquement, culturellement et humainement, Nantes appartient à la Bretagne et se trouve aujourd’hui rattachée « administrativement » à la Région des Pays de Loire. Un sondage a prouvé que la population de Loire-Atlantique y était hostile et je pense qu’il y aura rapidement des évolutions. Jouer avec l’ONPL n’empêche pas de participer ailleurs à une évolution de la situation. Qu’Hubert soit né à Maastricht me semble être un symbole. Qu’à l’heure où on fait la paix en Irlande du Nord, on ne soit pas capable de faire un bout de chemin ensemble me paraît inquiétant ». Ouf ! C’est dit. Mais il ne faut surtout pas oublier que cet album est d’abord une réconciliation entre une tradition populaire et une tradition dite classique. « Prenez un menuet de Mozart, explique Huber Soudant, ce n’est pas statique, ça bouge et ça danse. Mozart parle de la culture d’un pays. Les compositeurs ont écouté la musique des villages. Chez Mahler, on entend la fanfare et l’harmonie entre sur scène. Chez Verdi, il y a quelque chose du vécu des peuples ». Et tant pis pour ceux qui veulent encore dresser des barrières… Bonne écoute à ceux qui veulent redécouvrir le Pays Breton sous un nouvel angle. Tri Yann nous entraîne sur quelques uns de ses succès et nous fait aussi découvrir des compositeurs du cru.

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