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D… pour dihy, autrement dit la danse en malgache. Après avoir rendu un bel hommage aux tirailleurs sénégalais utilisés par la France coloniale pour mater la révolte en 47 et en 48 sur l’île rouge, le groupe nous revient avec un son plus enclin à la légèreté dans le discours. Dans les années 70 et 80, leurs compatriotes se sont laissés emporter par une grande vague de renouveau musical, qui empruntait beaucoup aux instruments électriques pour rejouer des sons du patrimoine, allant du rythme tsapiky au salegy, en passant par le sega des voisins (réunionnais notamment). C’était l’époque bénie des tourne-disques dans l’Océan Indien et des 45 tours de variété locale à succès que l’on revendait sur les marchés. Une époque dansante au groove urbain que le groupe a voulu honorer d’une certaine manière, en remettant quelques vieux tubes au goût du jour dans une version cependant plus roots. Et en alignant les inédits dans le même esprit. Des chansons qui traquent l’espoir, même lorsqu’elles traitent de la pauvreté d’un tireur de pousse-pousse. Fondé en 91 par des jeunes merna, issus des hauts plateaux, le groupe Tarika s’est toujours appuyé sur l’ensemble des traditions musicales du pays pour produire une musique métissée dans le sens le plus strict du mot. Les dix huit ethnies ou tribus malgaches leur ont permis de construire une musique à tonalité plurielle qui s’enrichit des différences, au lieu de diviser inutilement. Un hymne à la différence qui enrichit…

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