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4
sur 5

Alors que leurs voisins de pub Franz Ferdinand viennent de gagner le Mercury Prize, les écossais Adele Bethel, David Gow, Ailidh Lennon et Scott Paterson, qui forment le groupe Sons And Daughters voient leur premier LP réédité par Domino, après remastering dans les prestigieux studios Abbey Road de Londres. Love the cup était en effet déjà sorti plus tôt cette année sur le petit label américain indé Ba Da Bing, et à part le mastering et une nouvelle cover, pas un titre n’a été ajouté aux 7 morceaux originels, ce qui en fait un bon album de rock, court et concis, qu’on peut écouter plusieurs fois de suite sans se lasser.

Du rock basique, à guitares électrique, rythmiques binaires et refrains plutôt fédérateurs, voilà le petit disque idéal que propose Sons And Daughters, avec au moins deux tubes, la plage 2, Broken bones, en dents de scie électrique et intensité contenue, qui éclate de temps en temps, et le bien nommé Johnny Cash, titre en noir avec un kick primitif, une cloche Stooges sur les refrains et une belle énergie collective, qui transforme ce tribute en hymne de salles de 250 personnes. Les deux voix de Adele et Scott se répondent et se juxtaposent, s’enlacent sur des rythmes répétitifs, un peu à la manière de The Kills (mais sans la tension sexuelle et jalouse que le couple à bottes de lézards insuffle à ses compos dualistes).

Issu de la galaxie indie-rock de Glagow, certains membres des Sons And Daughters ont tourné avec Arab Strap, le groupe a ouvert pour Franz Ferdinand, remporté un gros succès lors du dernier festival « South and Southwest », et a même été célébré par l’éternelle caution critique US Greil Marcus. Le buzz les entoure, à raison, sur la foi de ce premier album dense, précis, solide. S’inspirant des tables de la loi du rock US des 50’s, du folk de Harry Smith et sans doute aussi d’un certain funk mutant, Love the cup a le charme de mélodies anciennes pour lui, ce rythme régulier hypnotique qui fait danser les fans de Franz Ferdinand, autant que l’esprit « murder ballads » qui hante les grandes autoroutes américaines. Entre magie noire et menace indistincte, Love the cup est un disque sombre et court, mais bon.