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En arabe, taarab signifie « être transporté par l’émotion ». Il s’agit d’un état situé entre l’euphorie et la grâce auquel aspirent la plupart des mélomanes à l’écoute de leurs idoles. Nombre d’artistes dans le monde oriental rêvent de ce privilège : ce moment si singulier où la voix suscite le réveil des sens par sa seule force, où l’instrument enveloppe le corps d’un ersatz proche de l’euphorie libératrice. Sonia M’barek fait partie des élues. Née à Sfax il y a bientôt une trentaine d’années, elle a baigné très tôt dans le culte du maalouf et de la nouba, deux musiques traditionnelles tunisiennes, savantes et classiques, qui sont issues de l’héritage arabo-andalou.

Adepte de la tradition qui se renouvelle, Sonia M’barek est une des rares femmes qui interprète ce genre au Maghreb. Formée au Conservatoire de Tunis, armée d’une voix sublime, elle est aujourd’hui un talent consacré. Elle a joué auprès d’Anouar Brahem et de son maître Ali Sriti, a sorti son premier album Tawchih il y a deux ans et se distingue par son propre répertoire (les deux premiers titres de l’album sont une création). Son inspiration mélange les influences arabes classiques pour perpétuer une tradition menacée par les nouvelles pratiques musicales et électroniques en vogue. Une grande musique qui rappelle la splendeur de Bagdad, Cordoue et Kairouan.

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