4
sur 5

Dans la grande lignée des bizarreries musicales en tout genre, ce nouveau projet made in Sub Rosa a de quoi surprendre. Habitué en effet aux musiques électroniques pointues, le label belge signe avec Rom=Pari une réussite technoïde drôle qui frise le mauvais goût, sans jamais y tomber. Et tout est bien évidemment dans cette nuance : comment reprocher à cette musique délibérément parodique de sombrer dans les gimmicks les plus usés -mais aussi les plus jouissifs ?

Un nom derrière tout ça : Yoshida Tatsuya. Bien loin des milieux électroniques, ce musicien japonais a fait ses débuts dans un groupe de rock héroïque bien de là-bas (YB02) pour connaître une renommée mondiale avec son duo jazz-core Ruins. Batteur, chanteur, guitariste, en bref multi-instrumentiste génial, Yoshida a conquis rapidement une place de musicien culte adulé par l’avant-garde downtown New York, John Zorn en première ligne. Que dire alors de ce projet consacré au tout electro ? Une bizarrerie de plus dans sa discographie pléthorique ? Un autre projet clin d’œil de la part d’un musicien en décalage continu ? Tout ça peut-être, mais aussi une étonnante réussite du genre, pas si loin d’Aphex Twin et consorts. Avec ses rythmiques macintoshiennes et ses mélodies détunées, on est en pleine schizo-romance électronique, le style que tout bon clubber fatigué a toujours rêvé d’écouter. Effectué avec l’aide de son frère, l’album de Yoshida a cet avantage de posséder un son unique qui navigue entre drum’n’bass à la Matt Elliot (Third Eye Foundation) et les génériques Atari des années 80. Super Mario de l’electro, Yoshida est décidément l’un des créateurs les plus prolixes des scènes musicales tokyoïtes.

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