4
sur 5

La techno s’expatrie depuis peu vers l’Afrique, à la recherche d’un nouveau souffle et de nouvelles vibes. Dans les raves technoïdes de la France plurielle, l’extase mélomane, après avoir été gobée par la déferlante asiatique étiquetée made in London, a elle aussi voulu se ressourcer quelque part. D’où les voyages sonores de plus en plus osés, entamés par certains DJ’s de l’hexagone sur le continent noir. La maison Cobalt a dernièrement lancé le label [frikiwa] sous la direction de Frédéric Galliano, qui signe ses premiers morceaux de bravoure avec la malienne Nahawa Doumbia ou encore Neba Solo. Comet Records, jeune label parisien, complètement assoiffé de nouveaux sons, entièrement ouvert à une pratique autre de l’expérimentale en musique, a sorti une compile de sons afros entièrement revisités par la magie soumise des machines (Racubah) et s’apprête à booster l’album d’un artiste fétiche, Tony Allen, nigérian et alter-ego connu du père déclaré de l’afro-beat (Fela Anikulapo Kuti). Le fils Fela lui-même s’est fendu de quelques tentatives technoïdes. Babacar Faye de Jololi, label dakarois de Youssou N’dour, fait se rencontrer le sabar traditionnel avec les pulsions techno.

La voie est donc sérieusement ouverte. A nous d’apprécier les audaces des uns et des autres, en n’oubliant pas de faire figurer cet album du PACT (P. African Cosmic Tones) en bonne place. Derrière ce groupe qui roule à voie libre, s’exprime le fils Bebey, alias Toups pour les amis. Déjà apprécié à travers son autre formation (Paris Africans) classée trop facilement ethno-jazz, saint-patron du « Spirit Pan African Brass Band » (une fanfare aux couleurs afro-antillaises fortement revendiquée), le multi-instrumentiste franco-camerounais se lance ici dans un délire hypnotique de titi parigot version 2000 où la machine rencontre la vie en temps réel et en acoustique. Basse/percus/machines et cuivres, likembé, arc-en-bouche, sanza et flûte pygmées, programmations et samples qui jouent délibérément avec la nature africaine (palabres insolites de crapauds-buffles, criquets pèlerins en chaleur dans du mil rouge) et le patrimoine traditionnel (chant douala, répertoire des Fulani du Nigéria), l’album est un PACT qui célèbre le mariage des univers sonores entre l’Afrique et l’Occident.

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