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A Bornéo, la troisième île de ce monde de par sa taille (750 000 km2), vivent près de 11 millions d’habitants, dont trois millions de Dayaks et vingt mille Punans qui sont installés à l’intérieur des terres. Les premiers sont riziculteurs, les seconds chasseurs/nomades, et cet album vient rendre hommage à leurs patrimoines respectifs. Des musiques rituelles souvent associées à des cultes animistes : un chant lent de chaman pour guérir d’une maladie bénigne, un air de kédire (orgue à bouche) pour protéger la culture du riz, une interprétation Bahau pour faire fuir les mauvais esprits… Des chants d’amour, de divertissement ou encore de métier, le répertoire est assez surprenant. Les instruments utilisés également. Cette flûte seruling à six trous et au son doux qu’utilisent les parents pour endormir leurs enfants par exemple ou bien le luth sapeh à 2/3 cordes qui accompagne notamment les danses de femmes (en nocturne). Aujourd’hui, les Punans deviennent par la force des temps (destruction de la forêt de Bornéo entre autres malheurs) des sédentaires qui abandonnent la chasse. Quand on sait l’importance d’une certaine pratique du son dans leur façon de chasser, on peut comprendre l’intérêt de ce travail mené par Manuel Gomez.

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