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sur 5

Les Metabolics, encore un groupe de rap qui sort tout droit de Brooklyn, East New York. Bien dans la lignée des illustres Prince Paul ou Kool Keith, ils balancent la bonne dope recta, un rap au flow direct et sans concession, ce qui n’en fait pas pour autant un vague succédané de gangsta’ suiveurs. Chez les Metabolics, tout se passe dans la précision et la concision -Last rites, super efficace, ou Pros and cons-, Mr. Dead et Big Pat distillent des vocaux empreints d’ironie, alors que derrière eux, potes et labelmates -Bimos the Overseer, Scotty Hard, Prince Paul et Spectre- assurent la trame musicale. C’est d’ailleurs Spectre qui les a introduits auprès de Wordsound, label déjà mythique pour avoir sorti quelques-unes des meilleures galettes de rap tendance très illbient ces dernières années, après les avoir rencontrés sur le tournage d’une vidéo de Prince Paul.

Ils détournent à merveille les gimmicks d’un certain rap, ultra-mainstream et lèche-boules, sur un Panty party wit Pimp Daddy Shrimp pimpant et jouissif. Toujours droits sur le beat, Dead et Big Pat n’en font jamais trop, préservant de ce fait une certaine fraîcheur à leurs morceaux -sauf lorsqu’ils sont en train de délirer à bloc, comme pour la jokesong Do I make you horney ?, exercice de rimes et de human beatbox franchement hilarant.

Ce qui est frappant chez eux, dès la première écoute, c’est cette économie de moyens qui ne sonne pas cheap -on cherche en vain scratches killer et effets mirobolants-, alors que la tendance est trop souvent à la surcharge et aux productions hyper-carrées. Ici, just the right shit, avec un beat, quelques samples choisis et deux mic’s, c’est l’extase ou presque. The M-virus, Laxed linguistics (très jazzy-underground), Brooklyn East New York 11208, Tearz of a clown ou Issues (le titre le plus abstrait, le moins « straight forward ») vous en convaincront aisément. Les Metabolics lâchent des bombes, et c’est un plaisir de se les prendre.

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