4
sur 5

Parmi les images que l’on garde fiévreusement de la Coupe du Monde l’an dernier, celle du mariage improvisé entre deux supporters d’origine brésilienne et norvégienne sous le soleil de la cité phocéenne lors de la rencontre entre leurs équipes respectives restera sans doute en très bonne place. Un bel exemple d’échange interculturel. Cela entretient-il pour autant quelque rapport avec la dernière aventure menée par Gilberto Gil sous le ciel froid et songeur d’Oslo? Certainement que non. Bien que le mage de Bahia n’ait rien fait d’autre que précéder à sa manière (et malgré lui) le geste de ce couple sur un plan artistique en enregistrant en partie il y a plus de quatre ans cet album dans la capitale nordique, avec le clavier norvégien Bugge Wesseltoft à ses côtés… histoire -peut-être- de mieux sentir la ferveur des sons mêlés. D’autres invités -bien sûr- participent à ce jeu à géométrie variable: on appréciera la touche surprenante du percussionniste indien Trilok Gurtu, la voix légère et enjouée de la chanteuse Marlui Miranda, les notes sublimées de l’accordéoniste Toninho Ferragutti ou encore cette basse faussement nonchalante du maître d’orchestre: Rodolpho Stroeter. Un album-concept qui prend le temps de fondre l’inspiration dans la tendance world du moment, sans trop y perdre de ses racines, samba entre autres. Le côté made in terroir est bien sauvegardé. Ce qui n’étonne guère quand on connaît le parcours de Gilberto, qui fut l’un des fondateurs du tropicalisme brésilien, un mouvement subversif d’envergure (Tom Zé, Caetano veloso, Maria Bethania…) qui prônait la renaissance et l’échange intelligent dans les années soixante. Un bon album qui nous transporte loin des élans sauvagement pop exprimés sur son dernier opus.

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