2
sur 5

Il est enfin arrivé chez nous -un peu en catimini, en import, et encore, dans les bonnes crémeries…- ce nouvel album de Certain General qu’on n’espérait plus, et dont on apprit l’existence juste après avoir écouté pour la première fois l’album maudit des mêmes, These are the days, enfin édité en CD (en chronique dans le prochain numéro de Chronic’art). Et qui plus est, un retour apparemment royal, puisqu’il s’est effectué avec le line up original du groupe : Parker Dulany bien sûr, mais aussi Marcy Saddy derrière ses fûts, Phil Gammage aux arpèges et Russell Berke accroché à sa basse.

A priori, une super bonne nouvelle, tant Certain General aura été, dans les années 80, le groupe admirable par excellence : compos d’acier, présence inquiétante, voix hantée et magique de Dulany, groupe culte donc maudit (mort, mauvaise dope et arnaque de la maisons de disques). D’ailleurs, ils étaient en France le mois dernier, à l’occasion de deux concerts, dont l’un avec les amis des Fleshtones. On attendait donc avec Signals from the source de retrouver cette atmosphère si particulière que le groupe distillait encore sur scène. Las, si certains titres -et la voix toujours aussi sex de Parker Dulany- rappellent l’époque glorieuse, on a l’impression, tout de même, de ne pas avoir retrouvé tout à fait le même disque. Le son, déjà, très clair, cassant, ne convient pas au groupe -Parker Dulany a en partie produit l’album.

Et surtout, surtout, pour ce qui est des morceaux en eux-mêmes, pour la composition, on est loin du groupe inspiré et vaguement désespéré qui faisait naître d’une pauvre rythmique une tension incroyable. At peace est l’un des morceaux à sauver, mais que dire de Leader out, verbeux et chiant ? On aurait accepté beaucoup de choses de ce groupe, qu’il évolue radicalement, et nous revienne en formation jazz ou sous influence drum n’ bass, mais là, c’est formation classique et rock classique, la magie en moins. Et si l’on sourit en tapant du pied sur Certain General theme, empreint de nostalgie avec sa guitare surf, si l’on se prend à espérer à l’écoute de Bb C2, sec sur l’os et volontaire, on se demande bien où est passée l’aura de Certain General

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