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sur 5

On a souvent tendance à faire remonter le début de renommée dont a joui Bim Sherman au milieu des années 80, à savoir le moment où les productions On-U-Sound d’Adrian Sherwood ont commencé à sérieusement cartonner, avec des gens comme Keith Leblanc. Mais en fait, son association au sorcier blanc du dub remonte à 1978. Et Sherwood lui-même avait connu Sherman par la production des disques que celui-ci faisait paraître sur le label qu’il avait fondé quelques années auparavant, alors qu’il n’avait pas vingt ans, Scorpio and Red Sea.

Aujourd’hui, Bim Sherman a réussi à se faire un nom en tant qu’artiste, un peu à l’écart du dub pur et dur et des sound systems enfumés. Certains diront qu’il a perdu un peu de son âme ou de son authenticité dans cette quête, car il est vrai qu’entre le dub et la musique que propose Sherman, il y a un monde. Bien sûr, les influences reggae dub sont toujours présentes, mais Bim Sherman a préféré mettre l’accent sur la chanson à textes et l’esprit folk. Est-ce du folk africain, alors ? Pas tout à fait, car il est resté entouré par sa fidèle troupe d’il y a dix ans (Skip McDonald, Doug Wimbish, Keith Leblanc) avec sur cet album Talvin Singh aux tablas et percus, lequel commence à bien se faire connaître en solo. Sans doute Bim Sherman a-t-il voulu que se musique fasse mieux ressortir la recherche de spiritualité qui est en lui, et en ce sens, il est malin de sa part de ne pas avoir utilisé le vecteur reggae dub, quelque peu connoté.

Le problème, c’est qu’en dehors de quelques morceaux mariant magnifiquement l’esprit roots et la technologie d’aujourd’hui (splendide Keep on trying, et jolis So Jah say ou Seven times to rise and fall) et un titre folk sensuel à souhait –Truth-, l’album est assez monotone. Parfait pour les dimanches de pluie ou les lendemains de fête, mais gare à la ronflette !

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