4
sur 5

On ne peut déjà plus les compter les albums de Babybird alias Stephen Jones, en solo ou avec ses quatre autres Babybird. Alternant albums écrits, composés, interprétés et produits dans la plus parfaite isolation de son appartement tel les quatre premiers parus en 1995 sur son propre label Baby Bird Recordings, et les albums plus « officiels » (et plus ouverts aussi musicalement) sur The Echo Label, Stephen Jones n’a eu aucun mal à nous perdre dans le dédale de ses passions diurnes et désespoirs nocturnes, de ses coups de coeur et blagues de potache au second (voire… cf. les pieds qui puent et le préservatif en raz-de-cou de Ugly beautyful) degré.
There’s something going on serait-il le premier album de la maturité, le premier à tenter la mixion entre la légèreté encore présente sur des titres comme First man on the sun, et la profondeur de contenu de It’s not funny anymore ? Sur There’s something going on, les titres s’allongent (plus de sept minutes pour le majeur It’s not funny anymore), prennent de l’ampleur, gagnent en intensité musicale et le chant de Stephen Jones, s’il nous avait déjà chatouillé l’oreille sur quelques titres, nous envahit ici d’une plénitude jusque là rarement discernée (cf. You will always love me où la voix surnage dans un tissu de cordes acérées).

La production gagne aussi en inovations et trouvailles sonores : Satellite and cable se joue et joue du son lourd du trip hop alors que All men are evil s’assure le concours d’une flûte et de percussions égyptiennes.
Mais le plus fort dans tout cela arrive à la fin avec la trilogie : Take me back, dont Robert Smith n’aurait pas renié le chant et Cure la production, soit six minutes de montée en puissance dans la désolation d’une séparation inguérissable ; It’s not funny anymore, un véritable morceau de bravoure en forme de réglement de compte (ah! cette phrase-titre qui en dit tellement long…) et la chanson qui donne son nom à l’album et nous emporte dans les arpèges d’un piano perdu dans des tréfonds de douleur. Le petit oiseau ira décidément très loin avec ce merveilleux aboutissement musical.

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