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A l’heure où la fête bat son plein (l’Homo festivus est ici brillamment analysé), où la littérature présentée en pâture fleure l’imposture, un homme s’élève contre la barbarie et le caractère nauséeux de son époque. Philippe Muray, c’est de lui dont il s’agit, dans une langue aussi précise que chargée de sens, nous entretient dans ce recueil d’essais de quelques grands artistes (Céline, Bataille, Roth, Giono…). Face à la médiocrité relayée de manière indécente par les médias, que faire si ce n’est convoquer ces artistes pour dire -avec une irrésistible ironie bien souvent- l’écœurement que procure ce monde où tout se confond : globalité, parcellaire, enchantement, pornographie, vulgarité, dépression et agitation factice. Car c’est parmi les esprits clairvoyants (et les visions qui les animent) qu’il faut chercher les raisons de notre effondrement culturel. Et donc une possible renaissance.

Sous la plume de cet auteur rageur, vomissant à l’égal d’un Léon Bloy les âmes molles, l’amour des Arts, et de la littérature en premier lieu, n’est pas chose vaine. Longtemps encore nous poursuivra ce grand rire dionysiaque masquant le désespoir d’un homme révolté, et ayant décidé de ne pas abdiquer ; bien qu’il soit un peu seul.

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