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© Les Éditions Réticulaires, 1997-2007
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Après trois albums forgés dans le sillon de Sonic Youth et Radiohead, le moins connus des groupes belges qui comptent arrête le pop-rock. Ce chant du cygne s'appelle Ryunosuke, un quatrième album plus lumineux et bigarré que le spleen modèle de son prédécesseur. On a retrouvé Vincent Liben, leader du quatuor, pour parler de tout ça.
Neuf années se sont écoulées depuis la publication du premier roman de l'australienne, lequel lui avait permis d'entrer dans le classement des "21 auteurs pour le XXIe siècle". Neuf années et quelques mois de travail pour en arriver à cet "Ailleurs", qui confirme un vrai talent.
Mal traduite en France, Mary Gaitskill, dont "Veronica", son deuxième roman, vient de paraître, est un des acteurs féminins du "Brat Pack" new-yorkais, le groupe informel mené par Jay McInerney et Bret Easton Ellis.
Il avait une cravate rose et lisait un livre gris. Une parka de loin qui pouvait ressembler à n'importe quoi, comme à une veste en velours d'où dépasseraient des poignets de Polonais, voire à un blouson en flacons recyclés de produit-chiottes... Pas rien, "L'Ere de rien".
Modestement annoncé comme le "choc de la décennie" ou un "chef-d'oeuvre absolu", Martyrs débarque sur les écrans. Dommage que ce genre d'effet d'annonce ultra kéké tronque à ce point la vision du second film de Pascal Laugier... voir également Chronic'art #48, en kiosque.
Barbet Schroeder adapte une oeuvre de l'écrivain Edogawa Rampo, père du polar nippon dont l'univers sulfureux, sanguinaire, SM et fantastique a déjà souvent été transposé au cinéma. Résultat : bof.
Prise entre la mitraille de références et l'ersatz de modernisme qui l'enrobe, cette histoire d'arnaque se suit d'un oeil amusé, d'avantage à l'affût de ses faux pas que de son fil directeur.
Un mois avant sa mort accidentelle en juin dernier, Esbjörn Svensson rendait les bandes de "Leucocyte", qui restera le dernier disque du trio EST. Un splendide testament involontaire qui, plus expérimental que jamais, laissait augurer des nouvelles pistes sur lesquelles lorgnait le trio.
Serge Daney se demandait ce que serait un film s'il n'était pas un film. A cet aune, "Christophe Colomb, l'énigme" d'Oliveira pourrait être un assemblage de cartes postales, mais des cartes postales tronquées, dont on ne verrait qu'une infime partie.
Vincent Gareng, dont c'est le premier long-métrage, tempère l'aspect "Dossiers de l'écran" de son film comme il peut, colmatant le côté "Ca se discute" par une gentillesse qui déborde de partout.
En passant à la fiction, José Padilha a fait coup double : "Tropa de elite" a décroché la récompense suprême à Berlin, et dans le même temps déclenché une jolie polémique "point Godwin" : facho disaient les uns, pas du tout répliquaient les autres. A nous.
Katharina Hacker rend compte, dans "Démunis", de l'inéluctable imbrication entre événements historiques et destins individuels, à l’image des grands romans européens engagés et conscients de l'Histoire.
A priori, il n'y a pas de quoi vibrer à la lecture de "La Nuit de l'étranger", un court roman banalement construit autour d'une enfilade d'instants vécus par un Tunisien émigré en France. A priori.
Un air de déjà-vu dans celui-là. Du genre : absolument remplaçable par peu ou prou n'importe quoi. Un comptable, un chargé d'études dans un cabinet de recrutement. Du genre aussi à faire du zèle pour ramasser du sens à sa vie... "L'Ere de rien" du tout.
Même s'il s'agit au bout du compte de refaire le même film, "Le Silence de Lorna" amorce un léger virage dans le style hyper défini des Dardenne, une manière de se poser et de regarder qui rompt avec les pures fabriques d'énergie auxquelles la fratrie nous avait habitué depuis "La Promesse".
Une nouvelle bouillie signée Apatow qui nourrit vraiment son bonhomme de spectateur grâce à l'ambition du sujet (le conflit israélo-palestinien) et à l'agressivité de son traitement (la logique de la débilité).
Aujourd'hui objet de railleries à cause de procès à répétitions, ce coffret Brisseau vient rappeler à quel point le cinéaste de "Noce blanche" est surtout l'un des personnages les plus importants du cinéma français de ces trente dernières années.
Mike Leigh, qui opte ici pour le retour des héros positifs, surprend avec ce film gentil, très gentil, sans doute un peu trop, lui qui a plutôt donné jusqu'alors dans le drame bien sinistre comme il faut.
Le rappeur-producteur connecté du moment se nomme Roi Heenok. Avec un buzz démarré en trombe en 2003 sur Internet, le Roi québécois renouvelle profondément les formes d'investigation de la langue française via son "rap mongol" et ses armes de propagande verbalement désaxées.
Une comédie romantique américaine de série, bien écrite, bien jouée, bien réalisée, une eau de rose nommée "Rêve d'équilibre" mais qui ne fait pas tellement rêver.
Du 6 au 16 août 2008 se tenait la 61e édition du Festival du film de Locarno. Chronic'art y était (un peu), a vu des films (un peu). Anti-bilan et nouvelles prises de quelques cinéastes précieux.
Dans le sillage de Stephen Chow qui avait transformé nos bons vieux terrains de foot en tatamis de la déconne ("Shaolin soccer"), Kevin Chu s'attaque aux parquets avec la fureur de vaincre. Pour rien, hélas.
La technique était simple. Il suffisait de les monter les uns contre les autres. Avec un peu d'expérience, on acquiert vite la certitude qu'une seule espèce est de loin une fausse hypothèse. "L'Ere de rien", on recommence.
Il semblerait bien qu'Anne Fontaine ait revu ses ambitions à la baisse. Après le consternant "Nathalie..." et l'étrange "Entre ses mains", elle s'en retourne à la petite comédie télévisuelle décharnée, dans la lignée d'une Tonie Marshall pour bobos cinquantenaires.
Fantasme kassovitzien depuis la nuit des temps, "Babylon A.D.", road movie apocalyptique sur fond de redécoupage du monde et du mythe de l'homme nouveau (en fait, adaptation du "Babylon babies" de Dantec), voit enfin le jour. Dommage, c'est raté.
Un mois à peine après la sortie de "Night and day", suite de l'été Hong Sang-soo avec "Woman on the beach", réalisé un an auparavant, et qui se déroule, lui, dans une station balnéaire déserte, un peu froide, durassienne.
Jeu de combat polymorphe, "Super smash bros. brawl" est arrivé sur Wii pendant l'été. Sa principale innovation : un mode aventure en forme d'épopée chorale. Epique, improbable et réflexive, elle ouvre la voie et inaugure un genre hybride, l'"action figure hero adventure game".
Double chronique : "Visiter" de The Dodos, le duo tout en plumes de San Francisco qui n'a rien d'une espèce en voie de disparition, et "At Mount Zoomer" des montréalais de Wolf Parade, qui naviguent entre power-pop indé et glam rénové.
S'il court encore après son passé, le cinéma italien continue de livrer assez régulièrement des films plus que réjouissants. Gomorra est de ceux-là, et ce malgré un package cannois plutôt pesant.
Adoubé à la seule vue de "Wolf creek", shocker moyen à base de tortures et de bush australien, Greg McLean ne vaut pourtant guère mieux que les newbies qui se bousculent au portillon. Dans le même genre, on se prendrait presque à regretter le nanar "Anaconda".
En relatant alternativement les aventures de Ruth, prof d'éducation sexuelle, et de Tim, ex-musicien alcoolo et divorcé, Tom Perrotta analyse les paradoxes du fait religieux aux Etats-Unis et, surtout, offre une comédie sociale désopilante, d'autant plus irrésistible que tout y tourne autour du cul.
Les bonnes dispositions prises par "Batman begins" se confirment en apothéose. Il n'est d'ailleurs pas interdit de voir dans ce second "Batman" version Christopher Nolan le sommet de toute la saga, tant le cinéaste s'approprie la matière mythologique de l'homme-chauve-souris sans une once de second degré.
Premier film du scénariste Pierre Schoeller, où l'on aura reconnu le scénario du "Kid "de Chaplin. Un film volontaire et bancal, mais qui dans chacun de ses choix, y compris les moins convaincants, laisse sourdre une belle résolution et un certain panache.
Peu importe ce que l'écrivain finlandais le plus connu au monde a voulu dire avec ce "Cantique", pour autant d'ailleurs qu'il ait voulu dire quelque chose : l'essentiel est que ce nouveau bijou soit, comme d'habitude, l'un des romans les plus drôles et plaisants qu'on ait lus depuis des mois.
Chronic'art #48 (en kiosque), pour se casser la tête Festival Wild Cards à la Flèche d'Or Lina Viste Grønli à la galerie Gaudel de Stampa Là où les Tigres sont chez eux, de Jean-Marie Blas de Roblès
[08.09.08]