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C'est le laboratoire d'observation de la race humaine, moyenne, misérable ou merveilleuse. Toutes les espèces s'y croisent, de la pire ordure malodorante à la petite vertu en jupette à fleurs. Entrez. C'est gratuit.
[05.10.09]

A l'occasion de la deuxième édition du Prix Meurice pour l'art contemporain (lauréat : Renaud-Auguste Dormeuil, qui a eu la chatte de prendre un cliché du ciel étoilé de New York le 10 septembre 2001 - cf. photo), sous le parrainage de Jean-Charles de Castelbajac, tout et n'importe quoi se mélangent dans les salons du palace. Chacun veut sa coupe de champagne, tous jouent des coudes pour un segment de sandwich aux saveurs méridionales. Certains trempent un petit pain dans un grand vase rempli de tapenade ou d'anchoïade, je veux même pas savoir, je ne pense qu'à la bave de tous ceux qui retrempent après avoir porté à leur bouche le bâton de mie. Je suis moi aussi une sans scrupule de crevarde, mais jouer les prédateurs autour d'un buffet n'est pas dans ma culture. Alors je me dis qu'il y a sûrement moyen de pécho un petit quelque chose de précieux aux toilettes des dames. On est quand même dans un palace, merde. Choux blanc : c'est la crise, même pas un flacon d'eau de Cologne de Rochas, ni même une savonnette, rien, que dalle. Juste cette responsable de l'hygiène qui appuie son regard sur moi, l'air de dire « ma petite, je te surveille, t'as pas intérêt à chourer une serviette-éponge ». M'en fous, je suis très craintive vis-à-vis des germes d'autrui, j'ai pas attendu la menace de pandémie grippale porcine, aviaire ou reptilienne pour être dégoûtée par les autres. Dépitée, je m'en vais arpenter les salons pour voir ce pour quoi nous sommes invités ; les oeuvres d'art contemporain sont dispersées à l'arrache ça et là et je me dis que pourtant, c'est pas si compliqué de les agencer. Quelqu'un a sans doute grassement été payé pour ça et le résultat est désolant. Des ready-made et des tentatives de sculpture en polystyrène brut me font regretter Marcel Duchamp et Tom Friedman. Le niveau est entre « foutage de gueule » et « club des plasticiens de la MJC ». Finalement, je m'amuse plus à observer les gros bastards que les artefacts : Catherine Frot, très élégante, qui pose pour les photographes, Doc Gynéco, escorté par trois vieilles pies platinum, Thierry Ardisson, plutôt trapu et sa naine de femme Béatrice, Tony Marshall, pas si mal pour son âge, Gabrielle Lazure, sublime, Gilbert Melki qui s'assure qu'on le reconnaît, Indra, si fraîche que c'en est scandaleux, l'inimitable Dani, Mia Frye blanchie et Frédéric Beigbeder, immensément moins moche qu'il n'y paraît. On repart l'estomac dans les talons avec un livre doré et un canard de bain vert, couronné et estampillé Le Meurice Paris. Putain de crise.
[28.06.10]