Daniel Johston, Rejected unknown

Après avoir calé son énorme ventre entre sa chaise et le bord de la table du bar de la Maroquinerie, Daniel Johnston a accepté de répondre à quelques questions avant son concert. Ses réponses sont succinctes et comme toutes faites, entrecoupées de grands silences concentrés, de bouffées de cigarettes menthol à répétition, de grandes rasades de coca et de rôts sonores. Incarnation.

Chronic'art : Te souviens-tu des premiers comics que tu aies lu ?

Daniel Johnston : Je me souviens d'un jour où tout petit, j'avais été faire les courses avec ma mère et elle m'avait donné un dollar pour l'avoir aidé à pousser la voiture. Avec ce dollar, j'avais acheté autant de comic books que j'avais pu, une quinzaine à l'époque. En grandissant, j'ai acheté de nouveaux comics. Ceux de Jack Kirby notamment. Très bien ("It was a lot of fun").

Ton personnage favori ?

Captain America. Parce que Jack Kirby était mon artiste favori, créateur de Captain America donc. J'apprécie tout ce qu'il a fait, les Nouveaux Dieux ("The New Gods"), les Quatre Fantastiques. Je pourrai continuer à aller dans les magasins acheter ces comics pour le restant de ma vie. Hélas, je n'aurais sans doute jamais toutes ses oeuvres, il y en a tellement.

Qu'est ce que tu aimes particulièrement chez Jack Kirby ?

Eh bien, tout ce qui est en 3D. C'est l'opposé des premiers Comics Marvel des 60's, ses personnages, comme les Quatre Fantastiques sont bien plus réalistes. Par ailleurs, j'adore sa manière de dessiner. Le premier comics que j'ai acheté était un Jack Kirby : j'ai adoré son style et j'ai noté son nom. Puis j'ai suivi sa carrière lorsqu'il était au plus haut, à Washington DC avec les autres.

Ensuite, tu as commencé à dessiner… Tes dessins ne sont pas vraiment des comic books. Pas de cases, pas d'histoires…

J'utilise des cahiers de note et je dessine page par page. Je suis tombé sur un étrange livre autrefois : une espèce de livre d'horreur où le diable, à la fin, appelle le héros par son nom. Je l'ai longtemps regardé, avec cette fille qui sourit, son tatouage sur le cou. Très effrayant ! Ca m'a inspiré, à tel point que j'ai dessiné de la même manière par la suite, page par page. Des d'histoires d'horreur où tous mes amis me détestent. Avec Jack et Georges, moi et la guerre, tout ça... Des dessins, j'en ai beaucoup donné. Depuis trois ans, ils sont exposés dans des galeries, des amis s'en occupent pour moi. Il s'agit plus de puzzles en fait, des œuvres libres et sans réelles histoires. Une revue à Austin en a imprimé quelques uns. J'en ai un exemplaire.
Je voulais acheter des comics aujourd'hui en ville, mais ils m'ont dit qu'on aurait peut-être du temps demain.

Tu aimes les dessins animés comme Les Simpsons ou South Park ?

Oui, j'ai rencontré Matt Groening ! Il a acheté quelques-uns de mes dessins, il est vraiment cool. C'est une des personnes les plus célèbres que j'ai rencontré. Il connaissait mes chansons aussi. Mais je ne connais pas South Park. Je ne regarde pas beaucoup la télévision.

Et Walt Disney ?

Oh oui, j'aime bien Walt Disney. On a le câble avec Disney Channel et je regarde régulièrement leurs dessins animés. Clairement les meilleurs.

Dessiner, c'est relaxant pour toi ?

Oui, c'est ça, c'est très agréable. J'aimerais bien pouvoir en faire plus, être plus occupé. C'est très encourageant de voir mes dessins exposés comme ça, de faire toutes ces choses en ce moment. Ca me donne envie d'écrire de nouvelles chansons.

Qu'est-ce que ça te fait de venir jouer en Europe, où beaucoup de gens te connaissent mais ne t'ont jamais vu sur scène ?

C'est vrai, beaucoup de gens semblent me connaître plutôt bien. On était hier à Bruxelles, et ils avaient fait pleins de petits films, des dessins animés sur mes chansons, c'était vraiment bien. Tout le monde semblait s'amuser. Ils ont projeté King Kong et j'ai rejoué quelques morceaux ensuite. (...)













Hi how are you ?
La vie et l'œuvre de Daniel Johnston sont indissociables. Biographie de l'artiste.












Continued story
De 1981 à 2000, de la lo-fi pure à des oeuvres plus produites, la discographie commentée de Daniel Johnston.




Rejected unknown
Daniel Johnston a accepté de répondre succinctement à quelques questions avant son concert.


Johnston live
Compte-rendu du concert de Daniel Johnston à la Maroquinerie (Paris) le 6 novembre 2000.
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Daniel illustre lui-même ses pochettes de disques (et le dossier de Chronic'art). Ses dessins sont exposés du 04/11 au 02/12 à la Galerie Zwemmer à Londres. Voir quelques extraits.

Mendelson
Dominique A
Experience
Flop
Married Monk
Françoiz Breut
Herman Düne