(...) Avec Artistic Vice, Daniel Johnston bénéficie pour la première fois d'un backing band fourni ce qui procure à l'album une indéniable unité, à grands renforts de guitares (pas moins de quatre). Pourtant, ce disque ne fonctionne qu'à moitié à cause d'une production peu inspirée et d'un manque de nuances sur certains titres (Happy Soul) qui font regretter l'économie de moyens qui prévalait par le passé. Il y a bien sur de bons moments : le touchant Honey I Sure Miss You ou Tell Me Now mais le parcours reste trop balisé et normalisé.

Bizarrement, Fun, a été assez snobé à sa sortie. En partie parce qu'il correspond à l'arrivée sur une major, Atlantic, mais surtout parce qu'il était soupçonné de nous présenter un Johnston aseptisé. Il passe beaucoup mieux l'épreuve du temps qu' Artistic Vice : la production et les arrangements de Paul Leary (des Butthole Surfers) sont en bonne intelligence avec les nouvelles compositions de Daniel. Pour la première fois, Daniel Johnston approche la formule en kaléidoscope de ses maîtres, les Beatles, et nous présente un album où se mêlent l'humour (Lousy Weekend), le rock basique (Love Wheel ou le Ramonesien Psycho Nightmare), l'expériemental (My Little Girl) et les ballades plus poignantes que jamais (Crazy Love, Delusion + Confusion). L'échec commercial de cet album à mis un frein à la carrière de Johnston, qui n'avait ni le droit de sortir à nouveau un album pour Atlantic, ni celui de retourner à l'underground.

Contre toute attente, le retour en grâce s'effectue, en 1999, avec l'album Rejected Unknown et l'assistance sans faille de Brian Beattie, fan de longue date. On peut alors véritablement parler d'album Beatlesien tant les chansons rappellent les Fab Four sur le fond comme sur la forme : Funeral Girl commence comme une ballade crépusculaire de Nick Cave et se termine sur des cuivres à la Sergent Pepper, Favourite Darling Girl semble échappé du meilleur Mc Cartney. Daniel Johnston joue la carte du burlesque sur Billions/Rock, un faux live très convaincant (et en même temps très éloigné de ses véritables prestations scéniques) qui le projette en 2961 ! Les compositions sont globalement de très haut niveau, tel ce Cathy Cline d'anthologie, et l'univers de Johnston s'enrichit encore, ce qui laisse présager que le meilleur reste à venir.

Signalons, pour conclure, la sortie confidentielle cette année de deux autres albums : Tout d'abord, celui de Danny & The Nightmares où Daniel Johnston (puisque c'est lui qui se cache derrière ce pseudo) renoue avec le lo-fi pur et dur pour asséner 15 titres de rock'n'roll primaire. N'hésitant pas, comme au bon vieux temps des groupes garages, à piller des classiques pour en faire de nouvelles chansons ( tel ce Born To Rock qui n'est autre que I Wanna Be Your Dog), Daniel Johnston semble prendre un réel plaisir à jouer au rocker, malmenant le Wild Thing des Troggs. Pris par sa propre fièvre, il devient le conteur halluciné et hallucinant de Adventures Of God As A Young Boy, mélangeant sa culture biblique morbide aux monstres préhistoriques et aliens de série B. Il prend même le contre-pied de ses marottes habituelles en martelant Love Is For Losers. (...)













Hi how are you ?
La vie et l'œuvre de Daniel Johnston sont indissociables. Biographie de l'artiste.












Continued story
De 1981 à 2000, de la lo-fi pure à des oeuvres plus produites, la discographie commentée de Daniel Johnston.




Rejected unknown
Daniel Johnston a accepté de répondre succinctement à quelques questions avant son concert.


Johnston live
Compte-rendu du concert de Daniel Johnston à la Maroquinerie (Paris) le 6 novembre 2000.
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Daniel illustre lui-même ses pochettes de disques (et le dossier de Chronic'art). Ses dessins sont exposés du 04/11 au 02/12 à la Galerie Zwemmer à Londres. Voir quelques extraits.

Mendelson
Dominique A
Experience
Flop
Married Monk
Françoiz Breut
Herman Düne