De 1981 à 2000, des premières cassettes distribuées de la main à la main, à une distribution internationale, de la lo-fi pure à des oeuvres plus produites, voici la discographie commentée de Daniel Johnston.
Au commencement était la cassette… Aujourd'hui encore, les premiers efforts de Daniel Johnston ne sont disponibles que chez Stress Records ; un label voué à Daniel Johnston et au support cassette. Songs Of Pain et More Songs Of Pain permettent de découvrir les débuts de Daniel, capturés par un antique magnétophone et interprétés le plus simplement du monde à l'aide du piano familial.
Ces deux cassettes sont d'une facture assez brute mais il est fascinant a posteriori d'y retrouver déjà, en germe, la majeure partie de l'univers johnstonien. Tout d'abord, on y entend plusieurs versions de son premier classique Grievances qui narre ses amours pour Laurie, fanées avant même d'éclore. Puis, il se présente déjà sous les traits de la bête curieuse que l'on vient voir, mi-moqueur, mi-fasciné, dans Like A Monkey In A Zoo. Ensuite, il est déjà torturé -entre sexualité et christianisme - sur Premarital Sex ou Joy Without Pleasure. Enfin, la confusion entre le monde des morts et des vivants commence sur Phantom Of My Own Opera et surtout le glacial My Baby Cares For The Dead (où l'on apprend que Laurie se marie avec un croque-mort). L'ensemble des morceaux étonne par le côté cru et sans fard du fond comme de la forme. On n'a jamais entendu quelqu'un se livrer autant, sans aucune distance. Les autres cassettes Stress (The Lost Recordings, Respect…) sont d'une facture assez proche et on ne les conseille qu'aux fans hardcore de Daniel Johnston. Certaines ont pourtant été rééditées en CD par Homestead Records.
C'est le cas de Hi How Are You, par exemple, qui reste pourtant parmi les enregistrements les plus ardus de Johnston : ce disque est une sorte de concept-album autour de l'absence de Laurie, son amour de toujours. C'est aussi le témoignage d'un maniaco-dépressif, à la limite de l'audible, dans le son comme dans la dimension voyeuriste qui se dégage à son écoute. Quand Daniel Johnston chante " I'll never marry, I'll never wed. Nobody wants to kiss you when you're dead. Nobody wants to lie in bed with you when your flesh is rotting" avec une voix d'outre-tombe et, même lorsqu'il dit être un " lucky sperm ", on se sent définitivement six pieds sous terre.
A la suite de cet album sort Yip/Jump Music. C'est l'occasion pour Daniel Johnston d'innover complètement en empruntant l'orgue-jouet de son petit neveu. La quasi-totalité de l'album est interprété sur l'orgue et Daniel frappe toujours plus fort sur les touches ce qui produit un résultat inouï : les chansons semblent prises entre des percussions folles et un ronflement asthmatique. En même temps, c'est sur cet album qu'un certains nombre de classiques vont être créés (Speeding Motorcycle, Rocket Ship…) et être repris par Yo La Tengo, Half Japanese, Glass Eye et bien d'autres. On trouve sur ce recueil sa première déclaration d'amour pour les Beatles, le très adroitement titré The Beatles, et sa galerie de personnages prend volontairement de l'ampleur (King Kong, Casper The Friendly Ghost…) aussi bien dans les chansons que dans les dessins. Daniel s'en explique : dans les chansons des Beatles, il y a des références à d'autres choses, d'autres chansons. Comme John Lennon qui dit " The Walrus Was Paul ". (Dans cet album) J'ai commencé à faire des références à d'autres chansons que j'avais écrites et j'ai commencé à faire une saga de chansons qui faisaient références les unes aux autres. Puis, les dessins ont fait référence aux chansons et les chansons aux dessins. L'ambition est avouée ; être les Beatles ou rien. (...)
Hi how are you ?
La vie et l'œuvre de Daniel Johnston sont indissociables. Biographie de l'artiste.
Continued story
De 1981 à 2000, de la lo-fi pure à des oeuvres plus produites, la discographie commentée de Daniel Johnston.
Rejected unknown
Daniel Johnston a accepté de répondre succinctement à quelques questions avant son concert.
Johnston live
Compte-rendu du concert de Daniel Johnston à la Maroquinerie (Paris) le 6 novembre 2000.
Daniel illustre lui-même ses pochettes de disques (et le dossier de Chronic'art). Ses dessins sont exposés du 04/11 au 02/12 à la Galerie Zwemmer à Londres. Voir quelques extraits.