3
sur 5

Socrate et le petit esclave du Ménon en savent quelque chose : la maïeutique est un chemin sinueux traversant une multitude d’étapes dialectiques. A l’aune du jeu à faire soi-même, la pédagogie ne consiste pas tant de faire croire qu’une tache aussi ardue que le game-design s’avère aisée une fois décortiquée, mais de trouver le moyen de faire embrasser sa belle complexité en lui donnant un sens lisible et une progression encourageante. En cela, WarioWare D.I.Y. sonne comme la contre-école revancharde de l’ambitieux Little big planet. Le titre de Sony misait avec brio sur un apprentissage essentiellement visuel, par l’association d’idée ? Dès les premières leçons de son tutoriel, WarioWare D.I.Y. se lance dans des grandes explications textuelles où fusent les métaphores (le gameplay comme scène de théâtre, entre autres) et dont la phase de création se décompose comme suit : déterminer un décors fixe (dans la logique des mini-jeux WarioWare : unité de lieu quasi obligatoire, tout juste accompagnée d’un scrolling ou d’une succession rapide d’écran), puis dessiner des objets, auquel ils faut donner une série d’ordres hierarchisés (un menu d’intelligence artificielle non sans rappeler les gambits de Final fantasy XII, illuminant d’un rayon visionnaire, à nouveau, le RPG de Square-Enix). Enfin ; poser la musique.

Voilà pour l’essentiel. Bien entendu, c’est aussi et surtout sur le terrain des ambitions graphiques que se creuse le gouffre entre le jeu de Media Molecule et celui d’Intelligent Systems. Ignorant l’usage de l’appareil photo de la DSi ou la reconnaissance vocale du micro, WarioWare ne propose de faire que du WarioWare. Comprendre, du mini jeu old-school, mono-gestuel, beaucoup plus précis dans son approche du gameplay (en comparaison du principal reproche fait à la jouabilité quelque peu lunaire de Sackboy), mais beaucoup plus exigeant (tout dessiner soi-même sans pouvoir se reposer sur le bluff technique des textures et éclairage d’un moteur performant comme celui de la PS3). Alors que se profile déjà Little big planet 2, difficile de départager quelle école de pensée du jeu D.I.Y. à diffuser l’emportera. L’old-school minimaliste mais précis de Nintendo où la boîte à idée bordélique et arty de Sony ? Réponses dans quelques mois sur leurs plate-formes de téléchargement respectives.

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