4
sur 5

C’était prévisible, Epic Games (Unreal tournament, donc) devait naturellement répondre à Id Software (Quake III arena) en assénant aux gamers sa nouvelle vision du shoot 3D. Extrême, brutal, sans fioritures, pas franchement surprenant. A l’image de la séquence d’intro parfaitement explicite quant à la teneur de cet Unreal tournament 2003. Quelque part dans le futur, des guerriers humains et extraterrestres reprennent le flambeau des gladiateurs et des arènes de la Rome antique. Seulement deux issues pour les psychopathes engagés dans le tournoi : la victoire ou la mort. Et accessoirement la paix dans l’univers avec ces jeux du cirque d’un nouveau genre naturellement plus fédérateur et addictif que Star academy.

Au diable la subtilité, ça fait une paye que nos deux spécialistes du FPS qui tâche ne s’encombrent plus ni de scénario, ni d’énigmes à résoudre, pour se concentrer sur l’essentiel. Comprendre le deathmatch. Rien est réel, tout est permis. La victoire revient au joueur qui comptabilise un certain nombre de frags avant les autres. Pour varier les plaisirs et envisager le massacre sous d’autres angles, on retrouve les modes habituels : « Team Deathmatch » (la même chose en équipe), « Capture de drapeau » (pénétration des défenses adverses, capture du drapeau ennemi et retour au bercail avec le matos) et « Double domination » (deux points de contrôle à préserver sous vos couleurs pendant 10 secondes). Parce que ce serait malvenu de la part d’Epic Games de nous faire le coup de la réactualisation technologique bête et méchante, UT 2003 propose un nouveau mode dans la plus pure lignée speedballienne. L’objectif du mode « Bombe de balle » consiste à ramasser une balle placée au centre de l’arène et à l’expédier dans le but de l’adversaire. Une plaisanterie ? Non, une subtilité en fait : la balle en main, plus aucune possibilité de shoot, vous voilà dans l’obligation de faire des passes, des couvertures et de la jouer… collectif. Aïe.

Autre nouveautés intéressante, l’intégration de combos normalement plutôt réservés aux jeux de baston 3D. En collectant, par exemple, les gélules d’adrénaline disséminée sur le terrain de jeu, vous remplissez une jauge spécifique qui, une fois chargé à bloc, vous permet d’utiliser des super pouvoirs. Exemples : l’invisibilité, le super saut et le Berserk, soit le meilleur moyen de fragger en quelques secondes la totalité des énergumènes aperçus dans les environs et de refaire le décors.

On pourrait s’arrêter là, la messe est dite. Sauf que UT 2003 nous bluffe une fois de plus grâce à une jouabilité redoutable et une beauté graphique absolument extraordinaire. Gageons que le moteur d’Epic Games fera des émules dans les studios de création. Des architectures intérieures aux effets de lumière, aucun jeu PC récemment sorti ne peut rivaliser du point de vue des rendus. Chaque map, immense en générale, procure son lot de surprises et il faudra revenir plusieurs fois sur chacune d’elle pour en découvrir tous les recoins, toutes les subtilités.

Enfin, l’intérêt du genre réside également dans l’arsenal de guerre mis à votre disposition pour fragger comme il faut ses adversaires. Chaque shooterie apportant ainsi son lot de nouveautés. Petite revue non exhaustive du catalogue Unreal tournament saison 2003 : le canon flak, à base de fléchettes ionisées, inflige aux tissus organiques de vos ennemis des brûlures au 2e et 3e degrés ; le marteau bouclier résiste aux projectiles et faisceaux d’énergie en les réfléchissant, ce qui produit une onde de plasma capable de générer des dégâts majeurs pulvérisant les organes ; le rédempteur, arme la plus puissante en catalogue, expédie des roquettes lentes qui, en explosant, dévaste toute matière organique se trouvant à l’intérieur de son champ létal. Vous y compris si vous n’avez pas pris vos distances au préalable… Chaque arme disposant naturellement d’un tir secondaire plus ou moins valable. On préconisera le jeu solo pour se faire la main. Une fois les différents modes de jeu débloqués et la finale remportée, les choses sérieuses peuvent commencer. Online, entre hommes.

Difficile d’innover franchement aujourd’hui en matière de FPS, mais Epic Games s’en sort haut la main avec un shoot 3D dont les maps seront, sans nulle doute, bientôt archi fréquentées sur le réseau mondial. Un soft parfaitement cynique, immoral et jouissif, quasiment le videogame à l’état pur.

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