2
sur 5

Il y a encore des jeux qui sortent sur PlayStation 1… Des jeux tout pixellisés, obsolètes, plus très séduisants. Hideux, forcément, surtout lorsqu’on a déjà goûté au photo-réalisme scintillant de Gran tourismo 3. Pas facile de se motiver, surtout lorsque le jeu lui-même tente de ressusciter vainement des oldies enfouies au plus profond de la mémoire du gamer vieillissant. Prenez un soupçon de Little big adventure, une touche de Zelda, enrobez le tout d’un décorum « background 3D et persos bitmaps » à la Grandia / Xenogears, et vous obtiendrez TechnoMage, un jeu d’aventure-action comme on en fait plus vraiment, une espèce d’euro-asia-pudding préhistorique qui aurait pu raviver la flamme d’un gameplay antédiluvien s’il était seulement parvenu à égaler ses prestigieux modèles.

On passera rapidement sur l’intrigue, un être « élu », un monde en danger. Non, ce n’est pas Matrix, juste la routine proto-Tolkieniste : vous êtes Marvin, fruit d’une union prohibée entre un Steamer et une Dreamer, deux races rivales et diamétralement opposées. Chassé de son hameau natal par des villageois peu portés sur le métissage ethnique, Marvin commence une longue quête initiatique au cours de laquelle il doit sauver le monde de Gothos d’une série de catastrophes pas très naturelles…

Le principe du jeu est très simple : Marvin doit traverser 8 mondes. Pour passer d’un niveau à un autre, il faut s’acquitter d’une série de quêtes à base d’énigmes et de donjons. Une partie aventure, donc, qui fonctionne un peu sur le principe du « coq-à-l’âne ». Exemple : pour sauver un mineur coincé dans un éboulement, Marvin doit trouver de la dynamite. Pour cela, il doit se débarrasser d’un garde surveillant les explosifs en versant de l’huile de ricin dans son ragoût. Et pour trouver de l’huile de ricin, il doit secourir le chat perché sur un derrick d’un vieil alchimiste. Au fur et à mesure de ses recherches, la liste de quêtes de Marvin s’allonge jusqu’à la fin du niveau. Le concept est assez proche des vieux jeux d’aventure, période 80’s-90’s. Plutôt plaisant, même s’il implique dans ses circonvolutions les plus tordues d’incessants allers-retours.
En fait, la partie la plus faible du jeu réside dans sa partie RPG. Lorsqu’il faut hacher du monstre et faire évoluer son personnage. TechnoMage reprend le système de combats temps réel de Zelda. Pas de tour par tour cassant le rythme du jeu, ici, il suffit de s’approcher de l’adversaire et de frapper deux ou trois coups d’épées. Problème : la vue en 3D, la faible visibilité de certains donjons et une maniabilité peu précise rendent les combats très agaçants…

N’est pas Miyamoto qui veut, TechnoMage révèle bien trop rapidement ses carences. En dehors d’un graphisme assez disgracieux, sombre et glauque, il lui manque une jouabilité hors pair pour atteindre la perfection de ses références 16bits. S’il s’était contenté de son aspect « énigmes », TechnoMage aurait pu facilement passer pour un bon petit jeu d’aventure sans prétention. En voulant brasser trop large, les développeurs de Sunflowers se sont fourvoyés dans une bouillie de genres dont ils ne maîtrisent pas le savoir-faire propre aux game-gurus nippons.

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