4
sur 5

Qui ne s’est pas essayé sur l’un des épisodes de la « Quête de la gloire » (notez comme ça sonne nettement moins bien en français) ? Depuis 1989, date de sortie de Quest for glory, premier du nom, Sierra nous assène régulièrement de chapitres suivants.
Pour le plaisir, ne manquez pas de comparer les screenshots sur la page récapitulative du site officiel : l’histoire du jeu micro en un clin d’œil, quasiment ! Sauf que depuis 1993, soit la sortie de Quest for glory IV (Les Ombres des ténèbres), on y croyait plus trop, persuadé que l’éditeur, spécialiste des séries longues et déjantées (de l’illustre Roberta Williams entre autres : Police Quest, King’s Quest…) avait définitivement abandonné les fans de la saga. Gloire à Sierra donc, qui nous offre là, dans Le Souffle du dragon, une nouvelle chance d’incarner le Prince de Shapeir.

On a assassiné le roi de Silmaria et le Conseil de l’île de Marete a prévu une série de 7 épreuves initiatiques pour départager les prétendants au trône. Vous voilà en lice, sachant que l’objectif de votre mission consiste pour l’essentiel à mettre la main sur l’assassin du roi, probablement l’un des compétiteurs…
Au choix : guerrier, magicien ou voleur ? Voire paladin si l’on importe son héros d’une précédente aventure… Evidemment, votre décision influe sur le cours du jeu, bien que les compétences propres de chacune des classes s’acquièrent durant la partie. Le voleur apprendra la magie, le guerrier crochètera n’importe quelle serrure et le magicien s’entraînera au combat. Non, la distinction porte sur l’entourage qui vous appréciera différemment selon votre apparence. Car c’est bien en dialoguant avec les personnes rencontrées que l’on avance dans le jeu. L’occasion par ailleurs de revoir certaines têtes familières, comme la divine Elsa, le magicien/mentor Erasme ou encore Rakeesh, le paladin liontaure.
QFG 5 fait très peu de cas des combats qui relèvent connement du jeu d’action bête et méchant. Idem pour les sorts (attaque et protection). Certains sont par contre très utiles, voire indispensables pour le bon déroulement de l’aventure. Le joueur prudent ne manquera pas, par exemple, d’acheter le sort de téléportation : à n’importe quel moment, de n’importe quel endroit, celui-ci vous ramène illico dans la chambrette d’hôtel pour roupiller, soit reprendre des forces.
Toute la force du jeu réside finalement dans son atmosphère réjouissante et exaltante. Le burlesque inhérent à la saga n’est pas en reste, dans les conversations, dans les scènes d’action. Les personnages ne manquent pas de caractère, les énigmes sont d’une logique implacable (et non pas confondante) -nous voilà bien loin des devinettes alambiquées d’un Grim Fandango-, et aussi curieux que cela puisse paraître, on progresse sans aucune mauvaise impression de linéarité. Pourtant… Pour couronner le tout, les concepteurs nous gratifient d’une interface on ne peut plus intuitive.

Bien entendu, techniquement, on est bien en deçà des productions actuelles. Cette suite a plutôt mal négocié le virage 3D. Le graphisme est un peu faiblard pour tout dire. Sincèrement, peu importe ! De par son scénario, et par extension, son gameplay, Quest for glory 5 est sans aucun doute plus intéressant que Return to Krondor. Comme quoi, s’il serait de mauvais alois de cracher dessus, mais la technologie est parfois véritablement secondaire. Moralité : messieurs les éditeurs, plutôt que de se pencher quasi exclusivement sur le Pentium 3… Bref.

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