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Il y a certains concepteurs de jeux qui devraient mourir de honte. Les gamers qui gardent un souvenir ému de leur premier contact avec Gauntlet, sur une misérable plate-forme 8 bits, devraient en tout cas maudire ceux de Midway jusqu’à la treizième génération. Reprendre une licence aussi prestigieuse, quasi légendaire et nous pondre une daube aussi infâme que ce Gauntlet Legends, ça mériterait d’être puni par la loi. A quoi bon ? C’est la question qui nous assaille lorsqu’on regarde avec un mélange de fou rire irrépressible et de frayeur paralysante l’immonde cinématique d’introduction (mal) post-synchronisée par un comédien tout juste digne de faire de la figuration dans Voisin Voisine. Et on n’est pas encore au bout de nos peines…
Qu’est-ce qui a pu pousser les gougnafiers de Midway à vouloir nous imposer un relifting de Gauntlet ? Une réflexion aussi poussée que « Gauntlet c’est pas cool, c’est pas de la 3D ? » Lui donner un « but » -l’original n’en avait pas, il suffisait de parcourir des niveaux et de « génocider » tout ce qui bouge- en lui greffant une intrigue aussi débile que convenue ? Bref, maintenant, c’est trop tard, cette insulte au passif historique des jeux vidéo est dans les bacs de nos revendeurs préférés, même si personne ne l’achète, ce qui serait amplement mérité, le simple fait qu’elle existe suffit à nous exaspérer.
Dans son principe, Gauntlet Legends ne dévie pas vraiment du concept original : des niveaux, des monstres en surpopulation. Votre tâche : rétablir l’équilibre de l’écosystème en faisant office de sélection naturelle pour des gobelins n’ayant pas encore maîtrisé le principe du coïtus interruptus. Enfin, non, en fait, il faut trouver 13 pierres runes dispersées aux quatre coins du monde pour se débarrasser du démon Skorne, qui est vraiment très-très méchant. La preuve : c’est une tête de mort avec des ailes de chauve-souris. Pour vous aider, quatre personnages sont disponibles, les inévitables guerrier/walkyrie/archer/magicien. La même fine équipe que dans l’original, un soupçon de United Colors en plus : le magicien est black, woah, c’est vraiment politiquement incorrect. Vous pouvez aussi débloquer de nouveaux avatars, si vous en avez le courage, ce qui est loin d’être gagné.

Mais la grande innovation, attention, c’est que le jeu est en 3D. Adieu la vue de dessus avec des sprites minimalistes, bonjour la 3D-qui-tue… au sens propre d’ailleurs. Couleurs bilieuses, pixellisation outrancière, personnages ridicules. Ca faisait longtemps qu’on n’avait rien vu d’aussi laid sur la PlayStation qui coulait paisiblement des derniers jours heureux en lâchant quelques perles inoubliables avant de laisser sa place à sa petite sœur, la PS2. Quant à la jouabilité, c’est au moins aussi catastrophique. Entre les angles de vue inappropriés et la maniabilité désastreuse -on ne sait jamais où l’on tire-, il faut vraiment être testeur de jeu pour s’attarder plus d’une heure sur Gauntlet Legends

D’ailleurs, pourquoi s’attarder plus longtemps sur ce test. Pas la peine d’en rajouter, Gauntlet Legends est à éviter absolument à moins d’une prédisposition perverse pour le masochisme. Il y a mieux à se procurer. A vrai dire, il ne peut décemment pas y avoir pire… sinon je rends mon tablier.