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sur 5

On ne présente plus Alone in the dark, la série -créée à l’origine par Frédérick Raynal-responsable de l’avènement d’un nouveau genre, le survival horror. Dans ce quatrième opus, le détective de l’étrange Edward Carnby enquête sur la mort de son meilleur ami, Charles Fiske, dont le cadavre a été retrouvé près de Shadow Island, une île mystérieuse située au large des côtes du Maine. Fiske a disparu alors qu’il était à la recherche de trois anciennes tablettes indiennes… Il s’agit non seulement pour vous de poursuivre les recherches mais en plus, et surtout, d’enquêter bien évidemment sur la disparition de votre ami. La grande nouveauté de ce New Nightmare, c’est que Carnby n’est plus seul pour affronter les créatures du Mal. Notre homme a effectivement fait le voyage pour Shadow Island avec Aline Cedrac, belle plante originaire de Boston, venue sur place pour achever l’écriture d’un livre consacré à l’anthropologie indienne. Vous incarnez au choix l’un des deux personnages, sachant que si le dénouement de l’histoire est identique de toute façon (conséquence de la découverte des travaux occultes entrepris de père en fils chez les Morton depuis la fin du XIXe siècle), les moyens d’arriver à son terme se recoupent certes (nombreux contacts radio aidant) mais diffèrent complètement dans les deux cas. Pour résumer, disons que l’option Cedrac illustre la manière forte, plus prenante mais aussi plus alambiquée. Alone 4 s’inspire en ce sens de Resident evil, mais ce dernier ne s’était-il pas lui-même largement inspiré de la série d’Infogrames ? Autre référence aux us et coutumes du monde consoles, le système de sauvegarde : vous n’avez la possibilité d’enregistrer la partie qu’en utilisant des amulettes récupérées dans le jeu. Celles-ci brillent dans le décor et, parce qu’il en regorge, le principe ne se révèle pas trop handicapant. Pour autant, l’opus évite de s’engouffrer totalement dans la philosophie nippone et consolesque du genre, en respectant ainsi un tant soit peu l’esprit de la série.

Alone 4 profite d’abord d’une réalisation technique et graphique remarquable. Les cinématiques comme le coeur de l’action ont indéniablement été soignées par les studios Darkworks. Les décors, lugubres et macabres, sont à l’avenant, tout comme les effets sonores angoissants et les musiques d’ambiance. On ne criera pas au génie en évoquant la jouabilité du soft, mais tous les éléments ergonomiques traditionnels sont au rendez-vous.
Résumons : une esthétique globale idéale pour immerger le joueur dans le contexte du jeu, des effets de frayeurs réussis, une ergonomie classique mais respectable, que demande le peuple ? De la variété dans l’action, de l’originalité et de la subtilité dans la progression du jeu par exemple. C’est là tout le problème d’Alone 4, car derrière l’épate visuelle et sonore, le jeu souffre d’une marge de manoeuvre simpliste et répétitive qui limite franchement l’intérêt du soft. Sans parler du manque total de réflexion dans les énigmes qui se résument à de stupides assemblages d’objets et autres combinaisons de chiffres révélées au préalable. Rien de surprenant non plus dans les phases de combats : les créatures démoniaques déboulent à intervalles réguliers et il suffit de pointer son arme (fusil à pompe, fusil à plasma, lance-grenades…) dans leur direction pour shooter juste. Dommage que la précision ne soit pas un peu plus de mise…

On est ici bien loin de la claque reçue lors de la sortie sur PC du premier épisode de la série en 92. Gageons que les amateurs de survival horror sauront déguster Alone 4. On doute en revanche que les autres puissent trouver un quelconque plaisir à se plonger dans un jeu d’une banalité aussi confondante. En la matière, le futur des consoles nippones nous réserve sans aucun doute quelques surprises bien plus excitantes…

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